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mouvement des femmes Iraniennes

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Saturday, May 19, 2007

Face aux Extrémismes religieux : la Laïcité, une garantie pour les femmes

Face aux Extrémismes religieux : la Laïcité, une garantie pour les femmes

Le principe de la laïcité concerne la séparation totale entre les domaines régis par les églises et ceux des Etats afin de garantir que toutes et tous, croyants de rellgions, athées, agnostiques, puissent vivre ensemble dans un respect réciproque qui interdit tout prosélytisme, toute pression,
« La laïcité n’est pas la destruction des croyances, mais la distinction entre ce qui relève de la croyance et ce qui est du domaine de la connaissance. La laïcité apporte cette libération éthique, garantie par la neutralité de l’Etat, à toutes et à tous. » a expliqué Henri Pena-Ruiz, philosophe français.

La laïcité dans une république fait du peuple entier, sans privilège ni discrimination, la référence de la communauté politique. Chacun y a des droits indépendants des préceptes religieux. Toutes et tous souscrivent à certaines valeurs. L’égalité femmes/hommes est l’une des principales valeurs communes. Aujourd’hui, la laïcité ne peut être conçue sans lien direct avec le principe d’égalité entre les sexes.

Elle ne se réduit pas pourtant à la simple neutralité de l’Etat. Respect, garantie, exigence, vivre ensemble, en sont les principes cardinaux ; ils constituent un ensemble de droits et de devoirs pour l’Etat, les cultes et les personnes.

La laïcité limite certaines manifestations des comportements communautaristes à des moments et des lieux déterminés de façon à ne pas troubler l’ordre public. (Contrairement à ce qui est souvent dit, la laïcité [comme le spécifie l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du Citoyen] ne se limite pas aux religions. Les textes traitent de la liberté d'opinion, non de conscience ; c’est bien plus large.)
« Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. »

Or l’ordre public est le respect positif des principes du droit. Dans la mesure où le port du hidjab ne respecte pas le principe fondamental de l’égalité entre les femmes et les hommes, il constitue une atteinte à cet ordre public car on n’a pas le droit d’instaurer l’inégalité sexiste.
La France doit rester ce terrain d’une laïcité limitative qui met les droits et les devoirs communs avant les coutumes religieuses ou politiques privées.

La neutralité laïque tolère les expressions religieuses mais en interdit aussi pour prévenir des conflits : entre différentes religions ou positions politiques, entre croyants et athées ; entre élèves et parents ou autres influences. Les valeurs de liberté et d’égalité sont universelles et ne doivent pas faire l’objet de compromis au nom du respect des particularismes.
L’interdiction des signes religieux a précisément pour but de préserver cette neutralité. La laïcité n’est pas à géométrie variable, car il s’agirait d’une tolérance à sens unique ; d’autres devraient accepter un signe ostentatoire, mais les voilées ne toléreraient pas la neutralité de l’école.

Une république laïque œuvre, dans ses écoles, à développer la capacité de jugement autonome en fournissant des références non partisanes.

En fait c’est parce que l’école publique intègre bien les filles que les islamistes veulent imposer la ségrégation des musulmanes pour en garder le contrôle. L’école doit rester un lieu de neutralité et d’émancipation des filles. Personne ne souffre d’une laïcité stricte ; trop de filles souffrent du statut familial et social imposé.

Les parents des élèves voilées qui n’acceptent pas la neutralité religieuse dans l’espace restreint de l’école font preuve d’intolérance. Prétendre que l’on refuse le droit à l’instruction par une condition aussi facile à remplir que le non-port du foulard est hypocrite. Les parents qui refusent cette obligation préfèrent leurs filles voilées plutôt qu’éduquées. Nous ne devons pas accepter la « différence » de ceux pour qui les femmes sont objets de pudeur plutôt que personnes dotées d’esprit.

Luis Cardoso, Professeur à Creil a écrit : « Si un ou une élève s’enferme dans son altérité, je me sens en droit de lui faire remarquer que l’affirmation ostentatoire de sa différence dérange le bon déroulement de la classe ».

Sous prétexte du droit à la différence, on soutient des pratiques totalement contraires aux droits humains et que l’on dit voulues par la coutume ou la religion. La liberté d’expression, la diversité culturelle, sont détournées de leur sens pour justifier la ségrégation et même la mutilation des femmes.

La laïcité a exigé des réformes importantes des religions chrétienne et juive. L'islam doit faire la même chose.
Wassyla Tamzali, avocate algérienne et ancienne responsable à l’UNESCO de L’égalité des chances pour les femmes en Méditerranée, a noté que la France n’avait pas écouté les intégristes catholiques sur l’avortement mais est restée ferme sur sa position.

À la 4ème Conférence Mondiale sur les Femmes, à Pékin en 1995, nous avons organisé une Conférence de presse au cours de laquelle nous avons dit
« Les intégrismes, de quelque religion qu’ils se réclament, sont des idéologies totalitaires qui, sous le couvert de religion, cherchent à s’emparer du pouvoir politique. Ces idéologies visent la soumission des femmes et l’élimination de leurs droits fondamentaux. »
Nous avions vu juste à Pékin et cela n’a fait qu’empirer depuis.

Tous les extrémismes religieux menacent gravement la laïcité ; d’abord l’Islamisme, parce que son fondement s’y oppose diamétralement. La charia veut dicter toutes les lois et gérer la vie publique. Toute manifestation ostentatoire d’appartenance religieuse islamiste a donc une signification politique et une vocation à l’endoctrinement. C’est pourquoi les islamistes appellent la laïcité une « persécution antimusulmane ».

Nous sommes effectivement face à une volonté politique. À une certaine époque, des oulémas ont tenté de moderniser l’Islam. Depuis des décennies au contraire, les islamistes réclament l’islamisation du reste du monde. La question du voile se situe dans ce contexte. Cette stratégie délibérée conduit à une surenchère :

à l’école,
- refus de cours d’éducation physique, de piscine,
- contestation de certains programmes, comme les cours de lettres sur Voltaire ou Diderot, « impies », de « reproduction » dans le programme de quatrième, d’histoire sur l’Affaire Dreyfus et la Shoah de la deuxième Guerre mondiale, de certains cours scientifiques,
- réclamation d’une nourriture communautaire y compris respect des lois d’abattage,
- refus pour les filles de participer à des sorties culturelles mixtes ;

à l’Université,
- remise en cause de la légitimité, pour un professeur de culture occidentale, de juger le travail d’un étudiant musulman,
- d’une professeure de juger le travail d’un étudiant,
- volonté de se présenter à des examens ou concours sans pouvoir être identifié ;

la santé,
- refus de la neutralité du service public hospitalier, parfois au risque de la vie de la malade concernée ;
- quelques 35 000 jeunes filles mutilées ou menacées d’excision (ces chiffres effrayants sont presque passés inaperçus quand le Haut Conseil à l'intégration les a rendus publics en 2003) ;
dans la société,
- recrudescence des mariages forcés et/ou précoces frappant 70.000 Françaises adolescentes, ce qui entraîne souvent de retirer des filles de l’école avant l’âge pourtant obligatoire de 16 ans,
- de jeunes Françaises emmenées de force dans les pays de leurs parents et leurs papiers confisqués,
- un code vestimentaire discriminatoire avec dissimulation totale du corps féminin (le voile est suivi de la burqua),
-polygamie, répudiation.
Ces interdits sur la liberté de disposer de son corps, et la banalisation de toutes les violences qui les accompagnent font partie de la tradition millénaire de domination des hommes sur les femmes. Ils font fi des lois conquises sur l’avortement, le viol, la parité et qui ont gagné du terrain sur la violence et l’obscurantisme.
Tout extrémisme religieux est une menace grave pour les femmes. Il suscite des violences sexistes et racistes, contre les filles et les femmes, contre les juifs et les chrétiens. Cet endoctrinement idéologique est encore plus dangereux à long terme. Le but est d’imposer une société fondée sur l’interprétation la plus rétrograde du Coran, et dont la charia dictera les lois sociales et politiques.

Le hidjab est donc un enjeu politique, signe d’une société qui soumet totalement les femmes aux hommes. Ce n’est pas une simple tenue vestimentaire. Son but réel est d’interdire la mixité, la liberté, l'égalité et de créer une société divisée. Beaucoup d'adolescentes témoignent porter le voile uniquement comme moyen d'échapper au harcèlement des garçons dans les cités.
Et pourtant, que se passe-t-il dans des pays islamisés ? Les femmes voilées échappent-t-elles aux violences ?
Égypte Souvenons-nous des violences inouïes qui se sont produites au Caire lors de la dernière fête d’el Aïd fin 2006. Cet Aïd-là a tourné au cauchemar pour des dizaines de femmes et jeunes filles, accompagnées ou non, voilées ou non, qui ont été attaquées avec une violence sauvage par des centaines de jeunes gens déchaînés arrachant leurs foulards et leurs tchadors, déchirant leurs vêtements, leurs sous-vêtements et tentant de les violer sur place, dans la rue, sous les regards abasourdis de la foule des passants et des commerçants.
Le ministère de l'Intérieur égyptien, sommé par le parlementaire Mustafa Bakri de s'expliquer, rétorqua que l'absence de plaintes reçues par la police prouve que ces actes ne se sont jamais produits.
Un commentateur égyptien a écrit : « ces événements montrent l'échec de l’islamisation de ce pays. On n'a jamais autant parlé de morale et de religion ; or il n'y a jamais eu autant de violence et d'actes immoraux ».

Iran Yakin Ertürk, Rapporteure Spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes, ses causes et conséquences, a accompli sa Mission en République islamique d’Iran du 29 janvier au 6 février 2005. Elle a fait son Rapport à la 62ème session de la Commission des Droits Humains de l’ONU début 2006. Dans l’introduction à ce Rapport, elle écrit :
« La violence contre les femmes dans la République islamique d’Iran est fondée sur l’inégalité de genre qui est maintenue et perpétuée par deux facteurs interconnectés :
(a) les valeurs et les attitudes patriarcales fondées sur la suprématie mâle, et (b) des structures institutionnelles promues par l’Etat et fondées sur des interprétations de principes religieux, interprétations les plus rétrogrades, accompagnées de préjugés de genre. Alors que le premier facteur est un phénomène universel et historiquement enraciné, le deuxième est spécifique à la politique de genre de l’actuelle République islamique d’Iran. Les deux représentent des valeurs, des lois et des pratiques qui accordent tout pouvoir aux hommes, ce qui rend difficile pour les femmes d’échapper à la violence publique et privée. »
Je ne vous détaillerai pas les diverses horreurs de la vie quotidienne pour les femmes en Iran aujourd’hui. Vous les connaissez mieux que moi.
Le 6 mai 2003, LEÏLA BABÈS, Professeure à l'Université catholique de Lille, auteure, avec Tareq Oubrou, du livre « Loi d'Allah, loi des hommes. Liberté, égalité et femmes en Islam » paru en 2002 dit :
« Le voile est une prescription de morale sexuelle. Il n'est pas une observance cultuelle, pas plus qu'il n'est une démarche de foi. Aucun texte religieux (pas même le Coran), aucun exégète classique autorisé n'a jamais qualifié cette «norme » de spirituelle. Le mot d'ordre est : le corps de la femme est objet de désir sexuel, evrait davantage s'inquiéter de l'idéologie sous-jacente au prosélytisme islamiste intégriste. L’acharnement à revendiquer la carte d'identité avec port du voile révèle à quel point les fondamentalistes veulent que les femmes soient d'abord identifiées comme musulmanes avant d'être citoyennes.
Combattons-les fermement. Je préconise… une démarche politique d'intervention et d'éducation populaire. Car la banalisation du discours intégriste dans les banlieues entraîne des effets dramatiques sur l'équilibre mental et identitaire d'une partie de la jeunesse française issue de l'immigration. Donnons-leur des armes pour ne plus se laisser instrumentaliser par les militants intégristes, qui ont su capter leur demande identitaire. »

elle doit donc le voiler pour assurer la tranquillité des hommes. Ni plus ni moins. »

Hanifa Chérifi, Inspectrice Générale et médiatrice à l’Éducation Nationale, va au fond du problème :
« La société d
Les extrémistes utilisent toutes les failles de la démocratie et des droits humains. Plaidant le respect de la différence, ils veulent imposer dans tous les espaces publics des comportements absolument contraires aux valeurs laïques et démocratiques. Ils refusent surtout l'égalité des femmes, égalité issue des sociétés modernes et occidentales, et se concentrent d’abord sur cet aspect, qui leur semble un maillon faible.
Le « dialogue » qu’ils disent souvent vouloir n’est que marchandage pour tenter d’épuiser l’adversaire en profitant de sa moindre faiblesse ou hésitation. Le recours fréquent au procès révèle la volonté délibérée de créer des précédents.

Des groupes fondamentalistes fournissent parfois des services sociaux pour gagner des adhérents. Ils utilisent très efficacement les technologies de la communication. Des cassettes audio bon marché de prêches fondamentalistes avec des diatribes contre l’égalité et l’autonomie des femmes, qualifiées de valeurs « occidentales », se trouvent partout. Dans ces cassettes et lors des prêches, on rappelle aussi aux jeunes filles que le mariage entre musulmanes et non-musulmans est un péché.
Ces groupes gèrent une multitude de sites Web sur l’Internet pour promouvoir leurs vues et pour menacer violemment ceux qui opposent leurs buts.

Les laisser faire, c’est les laisser agir.

Encore une fois, l’Islam ne se limite pas à gérer la vie personnelle ; il est une mode de gestion de la vie publique.

Le 5 mai 2003 dans Marianne, des musulmans de France ont publié un Appel courageux « pour défendre une conception moderne de l'islam, en phase avec son époque et…, en particulier la laïcité et l'égalité de droits absolue entre citoyens quel que soit leur sexe ». Ils invoquaient « la majorité silencieuse des musulmans de France, muselée depuis toujours par les pressions et les intimidations ». Ils dénonçaient « ceux qui veulent imposer un fondamentalisme musulman…et qui souhaitent instrumentaliser l’Islam et les musulmans à des fins politiques ». et appelaient leurs co-religionnaires à se lever enfin pour s'exprimer et faire valoir leur point de vue.

Il faut rappeler que, pas plus que la laïcité, le droit non plus n’est pas à géométrie variable. Pourquoi admettre sur le territoire français des « faits musulmans » en matière de comportement féminin, alors qu’en terre d’Islam on refuse le « fait occidental » ?
En Arabie Saoudite, une femme, quelle que soit son origine, est tenue de se couvrir des pieds à la tête et se voit interdire bon nombre de lieux publics (et même privés). En Iran, une journaliste étrangère, même en tchador, se fait arrêter pour prostitution parce qu’elle a un tube de rouge à lèvres dans son sac.
On impose donc une certaine conception de la femme au Moyen-Orient, hésiterions-nous à imposer la nôtre en France ?

Rappelons que la cour constitutionnelle turque a interdit le port du foulard islamique dans les universités en disant :
« Le foulard constitue une pression, une contrainte, à la fois sur les non-croyants et sur les croyantes qui refuseraient d’arborer le voile. »

En 2002 le Parlement Européen a adopté une résolution sur les femmes et le fondamentalisme (rapport de Mme María IZQUIERDO ROJO-2002) qui interdit :
« d’appliquer sur le territoire de l’Union Européenne des règlements ou des traditions contraires aux droits fondamentaux ».

Plus récemment, le 4 octobre 2005, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté un texte qui dit en partie :
Il incombe aux Etats membres du Conseil de l’Europe de protéger les femmes contre les violations de leurs droits au nom de la religion, et de promouvoir et pleinement mettre en œuvre l’égalité entre les sexes. Les Etats ne doivent accepter aucun relativisme culturel ou religieux en matière de droits fondamentaux des femmes… Ils se doivent de lutter contre les stéréotypes sur le rôle des femmes et des hommes motivés par des croyances religieuses, et ce depuis le plus jeune âge, y compris à l’école. »

J’aimerais terminer en citant le Professeur Henri Pena-Ruiz.

« La laïcité, en cherchant à émanciper le droit commun de la tutelle religieuse, rejoint le combat pour l’émancipation des femmes… Cela bénéficie à tous ceux qui sont traités en inférieurs, en premier lieu les femmes qui ont à gagner dans la laïcité la possibilité de s’accomplir selon leur choix. Sur la base de la solidarité et de l’égalité, elle fait sortir la sexualité du cadre de la reproduction. »

« La laïcité est un idéal pour la liberté des êtres humains, liberté de penser et de choisir son éthique de vie. Les droits des femmes font partie de l’égalité de tous les êtres humains, quelles que soient les convictions religieuses individuelles. La vertu de la laïcité a consisté à purger les religions de leur volonté de domination. Elle ne nuit nullement au libre choix de chacun ; par contre, lorsqu’il y a tutelle religieuse sur la loi, cela impose des obligations à tous. »




Bernice Dubois
le 18 mars 2007

Sunday, January 28, 2007

Le male

Celui qui assiste muet au male, assiste le male.
victor HUGO