Pages

mouvement des femmes Iraniennes

mouvement des femmes Iraniennes

Tuesday, September 23, 2008

Commission contre les extrémismes religieux

Commission contre les extrémismes religieux
Avance et régression des droits des femmes à l’ONU face à la montée des extrémismes
Michèle Vianès: 16 septembre 2008

Vous avez reçu Malka qui vous a relaté les attaques contre les droits humains en général et les droits des femmes en particulier à l’ONU.

Je voudrai pour ma part vous rappeler les fondamentaux indispensables, pour pouvoir réagir face aux tentatives de régression et analyser les politiques selon ces principes. Qu’a-t-on oublié pour qu’aujourd’hui de telles régressions soient possibles ?

Lois et règles universelles
Pour vivre ensemble dans le respect mutuel des différences, il est nécessaire de respecter un ensemble de règles de vie communes. En société, aussi bien en public qu’en privé, entre personnes vivant dans un même pays, entre les pays.

L’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirmait: « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

Pour Condorcet : « Ou tous les individus ont les mêmes droits ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits. Celui qui vote contre les droits d’un autre quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe a dès lors abjuré les siens »

Les fondateurs de l’ONU soutenaient cette universalité des droits, tel René Cassin : « C’est l’homme tout entier dont les facultés et les prérogatives indispensables au développement de sa personnalité physique intellectuelle et morale doivent être reconnues et protégées. Tous les hommes de tous les Etats et territoires habités sur la terre. »

Déclaration Universelle des droits humains (10 décembre 1948, signée par les 58 Etats membres)

Préambule « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, l'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. »

Article 1 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Un rappel de la trilogie républicaine. Les trois principes sont interdépendants. La liberté sans l’égalité aboutit à la loi du plus fort. Réciproquement l’égalité absolue est la négation de la liberté. Le couple liberté/égalité a besoin pour atteindre son équilibre de la fraternité, devoir social républicain de chacun envers l’autre. La fraternité empêche la liberté d’engendrer les privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression.
Depuis 191 Etats, l’ont ratifié mais en imposant des réserves, « mascarades de réserves » selon la Marocaine Fatima Mernissi, en fonction de coutumes et traditions.

En particulier le principe selon lequel les dispositions ratifiées du droit international ont une primauté sur les législations internes ne figure pas dans les législations nationales. Des pays ont des droits nationaux qui s’opposent aux principes d’égalité des droits et de non-discrimination des Conventions onusiennes. Ce qui fait de la ratification, un simple hommage du vice à la vertu. De même pour la convention Cedaw (Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination envers les femmes).

Dans l’inconscient collectif, les stéréotypes restent prégnants, en particulier la légitimation du pouvoir masculin sur les femmes, avec la violence comme instrument. On admet sous prétexte d’un relativisme culturel ou religieux que des femmes soient privées d’un certain nombre de droits fondamentaux, disposer librement d’elles-mêmes, de leurs corps, de leurs actes et de leurs esprits.

En 2002, 169 pays sur les 191 membres de l’ONU l’ont signé et ratifié. Trois Etats l’ont signé, mais sans la ratifier, dont les Etats- Unis et l’Afghanistan. Parmi ceux qui n’ont ni signé, ni ratifié l’Iran, le Soudan, la Syrie…

L’important pour un certain nombre de pays, c’est d’être présents afin d’empêcher tout accord. Des alliances de pays dans lesquelles les pressions fondamentalistes religieuses entraînent des restrictions du statut légal des femmes, les Etats Islamistes, le Vatican ou la Pologne s’opposent à toute reconnaissance de l’égalité hommes/femmes. Pour preuve, la 48° session de la commission qui travaillait sur le statut des femmes en 2003 n’a pas pu se mettre d’accord sur le paragraphe concernant la condamnation des violences qui ne sauraient être atténuées par l’invocation de coutumes, traditions ou considérations religieuses. (Il s’agissait de « s’abstenir de les invoquer » selon le vocabulaire onusien).

Nous l’avons vu plus récemment concernant le blasphème. Le blasphème n’est pas un délit. Il ne s’agit nullement de racisme, c’est-à-dire de discrimination sur une base d’apparence physique, mais de l’expression d’un désaccord ou d’une critique à l’égard d’une opinion, aux conséquences sociales néfastes. Il s’agit de défense de principes universels, la liberté de conscience

Au nom du relativisme culturel, qui est au minimum du racisme puisque selon cette notion les personnes de confession ou de filiation musulmane seraient incapables de jouir des droits humains fondamentaux, ou carrément de la barbarie dans le cas des mutilations sexuelles féminines, il faudrait laisser les chefs de l’islam politique opprimer tranquillement leurs coreligionnaires à commencer par les femmes.

Lorsque les associations de femmes souhaitent invoquer la notion de « statut le plus favorable », il est répondu qu’il s’agit d’ethnocentrisme ! L’encyclopédie de Diderot dénonçait « cette coupable indifférence qui nous fait voir sous le même aspect toutes les opinions des H. ». Non, tout ne se vaut pas et n’équivaut pas. La tolérance, non réciproque, est le fait du prince. Nous n’avons pas à tolérer l’intolérable.

Diversités culturelles
Aujourd’hui les moyens de communication et d’informations marquent la fin des distances physiques mais révèlent en même temps l’étendu des différences culturelles. Ou bien nous organisons une cohabitation culturelle avec une hiérarchie fondée sur le droit universel ou des affrontements culturels exploseront.

On communique à la vitesse de la lumière, mais on oublie la compréhension du message. Comment communiquer avec des personnes qui ne pensent pas comme nous, si la personne qui reçoit le message n’a pas la même langue, les mêmes idéologies, les mêmes intérêts, les mêmes religions que l’émetteur? Les personnes vivent côte à côte, sans mixité, ni sociale ni sexuée ce qui revient à ériger des murs.

La Coupe du monde de football est comprise partout parce que les règles sont les mêmes.

En étudiant toutes les cultures, l'anthropologie du pouvoir et du politique des sociétés fondées ou non sur un patrimoine juridique et réglementaire consigné par écrit, démontre partout un ensemble dynamique de contraintes. Différents modes de pouvoir sont toujours régis par un ensemble de règles, de normes, de fonctions ou de positions institutionnelles. Elles ont pour objet la régulation de la société: sur les fabricants, dominants et dominés, des pouvoirs.

Deux critères majeurs orientent d'emblée la nature de tout pouvoir: celui de la différence des genres et de la supériorité d'un sexe, dans la quasi-totalité des cas, le masculin; celui de la séniorité, qu'elle soit fondée sur l'expérience, l'âge ou l'appartenance à un groupe ou à une classe d'âge. Mais ils sont encore aujourd'hui le fondement élémentaire de tout pouvoir possible. Tout pouvoir est d'abord pouvoir des hommes sur les femmes, des aînés sur les cadets. Ces pouvoirs ne sont peut-être pas en eux-mêmes politiques et doivent s'appuyer sur des institutions ou des relations particulières d'autorité pour se matérialiser. à l'infanticide préférentiel des filles.

La culture est instrumentalisée pour empêcher le vivre ensemble. Pour certains, la confusion entre culture et tradition permet d’enfermer leur pairs. Le respect de la culture d’origine empêcherait tout échange avec l’autre, ce serait trahison. Le culturalisme s’oppose à l’universalisme « en ouvrant la porte au relativisme intégral ».[1]
La modernité était fondée sur la culture individuelle. L’individu est considéré comme tel lorsqu’il a une conscience de soi. Si l’individu est plus agi qu’acteur, soit plus soumis que maître, le « je pense » remplacé par « je suis pensé », il n’est plus sujet mais objet, interchangeable à merci. Confusion entre nature et culture.
Critique du monde tel qu’il est devient affirmation de l’existence, l’activisme tend à glisser vers l’impassibilité : « l’individu, dans son identité, son sexe, son idéologie, sa profession, ses rapports institutionnels (familiaux, conjugaux, partisans) n’a plus la certitude d’antan mais s’emploie à chercher refuge dans des groupes restreints qui telle une niche vont lui apporter une sûreté que ne lui donne plus son identité ».[2]
« Chaque fois que l’image tend à prévaloir, on assiste à une accentuation de l’idée, ou de l’idéal, communautaire »[3].Objet et image, leur développement conjoint doit être considéré comme les symptômes de la fin de l’individualisme. L’un et l’autre pousse à l’imitation, à la viscosité groupale. Je vous renvoie au voile islamique. On peut rattacher à cet ordre organique tous les mouvements ethniques, la recrudescence des mouvements religieux et plus précisément charismatiques ou fanatiques, sans oublier des phénomènes comme le réveil de l’islam. Ce tribalisme et la religiosité ambiante qu’il impulse, son aspect groupal est essentiellement dû au partage d’objets-images de plusieurs ordres qui confortent le corps social. Primat du groupe sur l’individu

Conclusion

Malgré l’existence de l’égalité devant la loi, dans la plupart des États membres de l’UE, bien que l’égalité femmes-hommes, soit un principe fondamental et pilier de l’Union et de la commission européenne, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une réalité en Europe en 2006.

L’accès aux ressources, aux droits et au pouvoir est distribué de manière inégale entre les femmes et les hommes, l’inégalité se fait sentir à tous les niveaux et dans tous les groupes sociaux.

Le but des politiques d’égalité entre les femmes est les hommes est que les femmes et les hommes aient les mêmes possibilités, les mêmes droits et les mêmes responsabilités dans tous les domaines. Que les femmes soient actrices de leur vie, c’est-à-dire autonomes et responsables.

Dans le modèle de société européenne auquel nous aspirons, la réalisation de l’égalité femmes-hommes est non seulement une question de justice sociale par rapport aux femmes, c’est également une question de démocratie et de droits humains, un facteur essentiel du développement humain durable. Tous les experts sont d’accord : la richesse d’un pays dépend de la place qu’occupe les femmes dans ce pays. C’est pour cela que malgré l’immense rente pétrolière, les pays arabo-musulmans ne sortent pas de la misère. Donc les valeurs de l’Union pour la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes doivent être promues, non seulement à l’intérieur de l’Union, mais aussi à tous les niveaux de ses relations avec le reste du monde.

D’autres phénomènes et tendances politiques internes et internationaux, tels que l’augmentation de la traite des femmes dans un but d’exploitation sexuelle et la croissance des extrémismes religieux, représentent une nouvelle menace pour l’intégrité des femmes et leurs droits humains, en particulier leurs droits sexuels. En outre, les femmes se heurtent à des défis supplémentaires à l’échelle mondiale, comme le taux élevé de VIH/sida parmi les femmes et les petites filles, la prévalence de la violence physique et sexuelle masculine envers les femmes au sein de toutes les sociétés, la violation constante des droits humains des femmes dans les situations de conflit et de guerre ou encore la féminisation de la pauvreté dans le monde entier, en particulier le problème des lois sur l’héritage de la terre.

L’UE est tenue de remplir ses engagements au niveau international et de faire en sorte que l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes et de protection des droits humains des femmes soit complètement intégré dans toutes les politiques externes ainsi que les actions et les programmes européens concernés. En même temps, les transformations et les tendances économiques actuelles (mondialisation, privatisations, libéralisation des échanges commerciaux, etc.) ont des retombées sur les modèles sociaux européens et les services publics, ce qui a des conséquences importantes pour les droits des femmes et leur indépendance économiques.

Les déséquilibres entre les femmes et les hommes influencent tous les domaines de l’existence. Afin de réaliser l’égalité femmes-hommes, il convient donc d’agir sur tous les fronts définis par les objectifs stratégiques de la Plate-forme d’Action de Pékin (ONU, 1995) :
1. Éliminer les rôles et stéréotypes de genre fondés sur un modèle patriarcal
2. Réaliser la justice économique et sociale pour les femmes
3. Promouvoir la position des femmes dans la prise de décision : vers la démocratie paritaire en Europe
4. Éradiquer la violence envers les femmes et mettre en œuvre les droits humains des femmes
5. Rôle de l’Europe dans la promotion des droits des femmes au niveau international
6. Mécanismes institutionnels pour la réalisation de l’égalité femmes-hommes et l’intégration de la dimension de genre.

[1] Pascal Ory, La culture comme aventure, éditions complexes p.19
[2] Michel Maffesoli, La transfuguration du politique la tribalisation du monde, Biblio essais, 1992, p.168
[3] Id p.168/169
Avance et régression des droits des femmes à l’ONU face à la montée des extrémismes
Michèle Vianès, 16 septembre 2008

Vous avez reçu Malka qui vous a relaté les attaques contre les droits humains en général et les droits des femmes en particulier à l’ONU.

Je voudrai pour ma part vous rappeler les fondamentaux indispensables, pour pouvoir réagir face aux tentatives de régression et analyser les politiques selon ces principes. Qu’a-t-on oublié pour qu’aujourd’hui de telles régressions soient possibles ?

Lois et règles universelles
Pour vivre ensemble dans le respect mutuel des différences, il est nécessaire de respecter un ensemble de règles de vie communes. En société, aussi bien en public qu’en privé, entre personnes vivant dans un même pays, entre les pays.

L’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirmait: « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

Pour Condorcet : « Ou tous les individus ont les mêmes droits ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits. Celui qui vote contre les droits d’un autre quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe a dès lors abjuré les siens »

Les fondateurs de l’ONU soutenaient cette universalité des droits, tel René Cassin : « C’est l’homme tout entier dont les facultés et les prérogatives indispensables au développement de sa personnalité physique intellectuelle et morale doivent être reconnues et protégées. Tous les hommes de tous les Etats et territoires habités sur la terre. »

Déclaration Universelle des droits humains (10 décembre 1948, signée par les 58 Etats membres)

Préambule « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, l'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. »

Article 1 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Un rappel de la trilogie républicaine. Les trois principes sont interdépendants. La liberté sans l’égalité aboutit à la loi du plus fort. Réciproquement l’égalité absolue est la négation de la liberté. Le couple liberté/égalité a besoin pour atteindre son équilibre de la fraternité, devoir social républicain de chacun envers l’autre. La fraternité empêche la liberté d’engendrer les privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression.
Depuis 191 Etats, l’ont ratifié mais en imposant des réserves, « mascarades de réserves » selon la Marocaine Fatima Mernissi, en fonction de coutumes et traditions.

En particulier le principe selon lequel les dispositions ratifiées du droit international ont une primauté sur les législations internes ne figure pas dans les législations nationales. Des pays ont des droits nationaux qui s’opposent aux principes d’égalité des droits et de non-discrimination des Conventions onusiennes. Ce qui fait de la ratification, un simple hommage du vice à la vertu. De même pour la convention Cedaw (Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination envers les femmes).

Dans l’inconscient collectif, les stéréotypes restent prégnants, en particulier la légitimation du pouvoir masculin sur les femmes, avec la violence comme instrument. On admet sous prétexte d’un relativisme culturel ou religieux que des femmes soient privées d’un certain nombre de droits fondamentaux, disposer librement d’elles-mêmes, de leurs corps, de leurs actes et de leurs esprits.

En 2002, 169 pays sur les 191 membres de l’ONU l’ont signé et ratifié. Trois Etats l’ont signé, mais sans la ratifier, dont les Etats- Unis et l’Afghanistan. Parmi ceux qui n’ont ni signé, ni ratifié l’Iran, le Soudan, la Syrie…

L’important pour un certain nombre de pays, c’est d’être présents afin d’empêcher tout accord. Des alliances de pays dans lesquelles les pressions fondamentalistes religieuses entraînent des restrictions du statut légal des femmes, les Etats Islamistes, le Vatican ou la Pologne s’opposent à toute reconnaissance de l’égalité hommes/femmes. Pour preuve, la 48° session de la commission qui travaillait sur le statut des femmes en 2003 n’a pas pu se mettre d’accord sur le paragraphe concernant la condamnation des violences qui ne sauraient être atténuées par l’invocation de coutumes, traditions ou considérations religieuses. (Il s’agissait de « s’abstenir de les invoquer » selon le vocabulaire onusien).

Nous l’avons vu plus récemment concernant le blasphème. Le blasphème n’est pas un délit. Il ne s’agit nullement de racisme, c’est-à-dire de discrimination sur une base d’apparence physique, mais de l’expression d’un désaccord ou d’une critique à l’égard d’une opinion, aux conséquences sociales néfastes. Il s’agit de défense de principes universels, la liberté de conscience

Au nom du relativisme culturel, qui est au minimum du racisme puisque selon cette notion les personnes de confession ou de filiation musulmane seraient incapables de jouir des droits humains fondamentaux, ou carrément de la barbarie dans le cas des mutilations sexuelles féminines, il faudrait laisser les chefs de l’islam politique opprimer tranquillement leurs coreligionnaires à commencer par les femmes.

Lorsque les associations de femmes souhaitent invoquer la notion de « statut le plus favorable », il est répondu qu’il s’agit d’ethnocentrisme ! L’encyclopédie de Diderot dénonçait « cette coupable indifférence qui nous fait voir sous le même aspect toutes les opinions des H. ». Non, tout ne se vaut pas et n’équivaut pas. La tolérance, non réciproque, est le fait du prince. Nous n’avons pas à tolérer l’intolérable.

Diversités culturelles
Aujourd’hui les moyens de communication et d’informations marquent la fin des distances physiques mais révèlent en même temps l’étendu des différences culturelles. Ou bien nous organisons une cohabitation culturelle avec une hiérarchie fondée sur le droit universel ou des affrontements culturels exploseront.

On communique à la vitesse de la lumière, mais on oublie la compréhension du message. Comment communiquer avec des personnes qui ne pensent pas comme nous, si la personne qui reçoit le message n’a pas la même langue, les mêmes idéologies, les mêmes intérêts, les mêmes religions que l’émetteur? Les personnes vivent côte à côte, sans mixité, ni sociale ni sexuée ce qui revient à ériger des murs.

La Coupe du monde de football est comprise partout parce que les règles sont les mêmes.

En étudiant toutes les cultures, l'anthropologie du pouvoir et du politique des sociétés fondées ou non sur un patrimoine juridique et réglementaire consigné par écrit, démontre partout un ensemble dynamique de contraintes. Différents modes de pouvoir sont toujours régis par un ensemble de règles, de normes, de fonctions ou de positions institutionnelles. Elles ont pour objet la régulation de la société: sur les fabricants, dominants et dominés, des pouvoirs.

Deux critères majeurs orientent d'emblée la nature de tout pouvoir: celui de la différence des genres et de la supériorité d'un sexe, dans la quasi-totalité des cas, le masculin; celui de la séniorité, qu'elle soit fondée sur l'expérience, l'âge ou l'appartenance à un groupe ou à une classe d'âge. Mais ils sont encore aujourd'hui le fondement élémentaire de tout pouvoir possible. Tout pouvoir est d'abord pouvoir des hommes sur les femmes, des aînés sur les cadets. Ces pouvoirs ne sont peut-être pas en eux-mêmes politiques et doivent s'appuyer sur des institutions ou des relations particulières d'autorité pour se matérialiser. à l'infanticide préférentiel des filles.

La culture est instrumentalisée pour empêcher le vivre ensemble. Pour certains, la confusion entre culture et tradition permet d’enfermer leur pairs. Le respect de la culture d’origine empêcherait tout échange avec l’autre, ce serait trahison. Le culturalisme s’oppose à l’universalisme « en ouvrant la porte au relativisme intégral ».[1]
La modernité était fondée sur la culture individuelle. L’individu est considéré comme tel lorsqu’il a une conscience de soi. Si l’individu est plus agi qu’acteur, soit plus soumis que maître, le « je pense » remplacé par « je suis pensé », il n’est plus sujet mais objet, interchangeable à merci. Confusion entre nature et culture.
Critique du monde tel qu’il est devient affirmation de l’existence, l’activisme tend à glisser vers l’impassibilité : « l’individu, dans son identité, son sexe, son idéologie, sa profession, ses rapports institutionnels (familiaux, conjugaux, partisans) n’a plus la certitude d’antan mais s’emploie à chercher refuge dans des groupes restreints qui telle une niche vont lui apporter une sûreté que ne lui donne plus son identité ».[2]
« Chaque fois que l’image tend à prévaloir, on assiste à une accentuation de l’idée, ou de l’idéal, communautaire »[3].Objet et image, leur développement conjoint doit être considéré comme les symptômes de la fin de l’individualisme. L’un et l’autre pousse à l’imitation, à la viscosité groupale. Je vous renvoie au voile islamique. On peut rattacher à cet ordre organique tous les mouvements ethniques, la recrudescence des mouvements religieux et plus précisément charismatiques ou fanatiques, sans oublier des phénomènes comme le réveil de l’islam. Ce tribalisme et la religiosité ambiante qu’il impulse, son aspect groupal est essentiellement dû au partage d’objets-images de plusieurs ordres qui confortent le corps social. Primat du groupe sur l’individu

Conclusion

Malgré l’existence de l’égalité devant la loi, dans la plupart des États membres de l’UE, bien que l’égalité femmes-hommes, soit un principe fondamental et pilier de l’Union et de la commission européenne, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une réalité en Europe en 2006.

L’accès aux ressources, aux droits et au pouvoir est distribué de manière inégale entre les femmes et les hommes, l’inégalité se fait sentir à tous les niveaux et dans tous les groupes sociaux.

Le but des politiques d’égalité entre les femmes est les hommes est que les femmes et les hommes aient les mêmes possibilités, les mêmes droits et les mêmes responsabilités dans tous les domaines. Que les femmes soient actrices de leur vie, c’est-à-dire autonomes et responsables.

Dans le modèle de société européenne auquel nous aspirons, la réalisation de l’égalité femmes-hommes est non seulement une question de justice sociale par rapport aux femmes, c’est également une question de démocratie et de droits humains, un facteur essentiel du développement humain durable. Tous les experts sont d’accord : la richesse d’un pays dépend de la place qu’occupe les femmes dans ce pays. C’est pour cela que malgré l’immense rente pétrolière, les pays arabo-musulmans ne sortent pas de la misère. Donc les valeurs de l’Union pour la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes doivent être promues, non seulement à l’intérieur de l’Union, mais aussi à tous les niveaux de ses relations avec le reste du monde.

D’autres phénomènes et tendances politiques internes et internationaux, tels que l’augmentation de la traite des femmes dans un but d’exploitation sexuelle et la croissance des extrémismes religieux, représentent une nouvelle menace pour l’intégrité des femmes et leurs droits humains, en particulier leurs droits sexuels. En outre, les femmes se heurtent à des défis supplémentaires à l’échelle mondiale, comme le taux élevé de VIH/sida parmi les femmes et les petites filles, la prévalence de la violence physique et sexuelle masculine envers les femmes au sein de toutes les sociétés, la violation constante des droits humains des femmes dans les situations de conflit et de guerre ou encore la féminisation de la pauvreté dans le monde entier, en particulier le problème des lois sur l’héritage de la terre.

L’UE est tenue de remplir ses engagements au niveau international et de faire en sorte que l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes et de protection des droits humains des femmes soit complètement intégré dans toutes les politiques externes ainsi que les actions et les programmes européens concernés. En même temps, les transformations et les tendances économiques actuelles (mondialisation, privatisations, libéralisation des échanges commerciaux, etc.) ont des retombées sur les modèles sociaux européens et les services publics, ce qui a des conséquences importantes pour les droits des femmes et leur indépendance économiques.

Les déséquilibres entre les femmes et les hommes influencent tous les domaines de l’existence. Afin de réaliser l’égalité femmes-hommes, il convient donc d’agir sur tous les fronts définis par les objectifs stratégiques de la Plate-forme d’Action de Pékin (ONU, 1995) :
1. Éliminer les rôles et stéréotypes de genre fondés sur un modèle patriarcal
2. Réaliser la justice économique et sociale pour les femmes
3. Promouvoir la position des femmes dans la prise de décision : vers la démocratie paritaire en Europe
4. Éradiquer la violence envers les femmes et mettre en œuvre les droits humains des femmes
5. Rôle de l’Europe dans la promotion des droits des femmes au niveau international
6. Mécanismes institutionnels pour la réalisation de l’égalité femmes-hommes et l’intégration de la dimension de genre.

[1] Pascal Ory, La culture comme aventure, éditions complexes p.19
[2] Michel Maffesoli, La transfuguration du politique la tribalisation du monde, Biblio essais, 1992, p.168
[3] Id p.168/169
Commission contre les extrémismes religieux
Avance et régression des droits des femmes à l’ONU face à la montée des extrémismes
Michèle Vianès, 16 septembre 2008

Vous avez reçu Malka qui vous a relaté les attaques contre les droits humains en général et les droits des femmes en particulier à l’ONU.

Je voudrai pour ma part vous rappeler les fondamentaux indispensables, pour pouvoir réagir face aux tentatives de régression et analyser les politiques selon ces principes. Qu’a-t-on oublié pour qu’aujourd’hui de telles régressions soient possibles ?

Lois et règles universelles
Pour vivre ensemble dans le respect mutuel des différences, il est nécessaire de respecter un ensemble de règles de vie communes. En société, aussi bien en public qu’en privé, entre personnes vivant dans un même pays, entre les pays.

L’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirmait: « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

Pour Condorcet : « Ou tous les individus ont les mêmes droits ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits. Celui qui vote contre les droits d’un autre quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe a dès lors abjuré les siens »

Les fondateurs de l’ONU soutenaient cette universalité des droits, tel René Cassin : « C’est l’homme tout entier dont les facultés et les prérogatives indispensables au développement de sa personnalité physique intellectuelle et morale doivent être reconnues et protégées. Tous les hommes de tous les Etats et territoires habités sur la terre. »

Déclaration Universelle des droits humains (10 décembre 1948, signée par les 58 Etats membres)

Préambule « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, l'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. »

Article 1 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Un rappel de la trilogie républicaine. Les trois principes sont interdépendants. La liberté sans l’égalité aboutit à la loi du plus fort. Réciproquement l’égalité absolue est la négation de la liberté. Le couple liberté/égalité a besoin pour atteindre son équilibre de la fraternité, devoir social républicain de chacun envers l’autre. La fraternité empêche la liberté d’engendrer les privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression.
Depuis 191 Etats, l’ont ratifié mais en imposant des réserves, « mascarades de réserves » selon la Marocaine Fatima Mernissi, en fonction de coutumes et traditions.

En particulier le principe selon lequel les dispositions ratifiées du droit international ont une primauté sur les législations internes ne figure pas dans les législations nationales. Des pays ont des droits nationaux qui s’opposent aux principes d’égalité des droits et de non-discrimination des Conventions onusiennes. Ce qui fait de la ratification, un simple hommage du vice à la vertu. De même pour la convention Cedaw (Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination envers les femmes).

Dans l’inconscient collectif, les stéréotypes restent prégnants, en particulier la légitimation du pouvoir masculin sur les femmes, avec la violence comme instrument. On admet sous prétexte d’un relativisme culturel ou religieux que des femmes soient privées d’un certain nombre de droits fondamentaux, disposer librement d’elles-mêmes, de leurs corps, de leurs actes et de leurs esprits.

En 2002, 169 pays sur les 191 membres de l’ONU l’ont signé et ratifié. Trois Etats l’ont signé, mais sans la ratifier, dont les Etats- Unis et l’Afghanistan. Parmi ceux qui n’ont ni signé, ni ratifié l’Iran, le Soudan, la Syrie…

L’important pour un certain nombre de pays, c’est d’être présents afin d’empêcher tout accord. Des alliances de pays dans lesquelles les pressions fondamentalistes religieuses entraînent des restrictions du statut légal des femmes, les Etats Islamistes, le Vatican ou la Pologne s’opposent à toute reconnaissance de l’égalité hommes/femmes. Pour preuve, la 48° session de la commission qui travaillait sur le statut des femmes en 2003 n’a pas pu se mettre d’accord sur le paragraphe concernant la condamnation des violences qui ne sauraient être atténuées par l’invocation de coutumes, traditions ou considérations religieuses. (Il s’agissait de « s’abstenir de les invoquer » selon le vocabulaire onusien).

Nous l’avons vu plus récemment concernant le blasphème. Le blasphème n’est pas un délit. Il ne s’agit nullement de racisme, c’est-à-dire de discrimination sur une base d’apparence physique, mais de l’expression d’un désaccord ou d’une critique à l’égard d’une opinion, aux conséquences sociales néfastes. Il s’agit de défense de principes universels, la liberté de conscience

Au nom du relativisme culturel, qui est au minimum du racisme puisque selon cette notion les personnes de confession ou de filiation musulmane seraient incapables de jouir des droits humains fondamentaux, ou carrément de la barbarie dans le cas des mutilations sexuelles féminines, il faudrait laisser les chefs de l’islam politique opprimer tranquillement leurs coreligionnaires à commencer par les femmes.

Lorsque les associations de femmes souhaitent invoquer la notion de « statut le plus favorable », il est répondu qu’il s’agit d’ethnocentrisme ! L’encyclopédie de Diderot dénonçait « cette coupable indifférence qui nous fait voir sous le même aspect toutes les opinions des H. ». Non, tout ne se vaut pas et n’équivaut pas. La tolérance, non réciproque, est le fait du prince. Nous n’avons pas à tolérer l’intolérable.

Diversités culturelles
Aujourd’hui les moyens de communication et d’informations marquent la fin des distances physiques mais révèlent en même temps l’étendu des différences culturelles. Ou bien nous organisons une cohabitation culturelle avec une hiérarchie fondée sur le droit universel ou des affrontements culturels exploseront.

On communique à la vitesse de la lumière, mais on oublie la compréhension du message. Comment communiquer avec des personnes qui ne pensent pas comme nous, si la personne qui reçoit le message n’a pas la même langue, les mêmes idéologies, les mêmes intérêts, les mêmes religions que l’émetteur? Les personnes vivent côte à côte, sans mixité, ni sociale ni sexuée ce qui revient à ériger des murs.

La Coupe du monde de football est comprise partout parce que les règles sont les mêmes.

En étudiant toutes les cultures, l'anthropologie du pouvoir et du politique des sociétés fondées ou non sur un patrimoine juridique et réglementaire consigné par écrit, démontre partout un ensemble dynamique de contraintes. Différents modes de pouvoir sont toujours régis par un ensemble de règles, de normes, de fonctions ou de positions institutionnelles. Elles ont pour objet la régulation de la société: sur les fabricants, dominants et dominés, des pouvoirs.

Deux critères majeurs orientent d'emblée la nature de tout pouvoir: celui de la différence des genres et de la supériorité d'un sexe, dans la quasi-totalité des cas, le masculin; celui de la séniorité, qu'elle soit fondée sur l'expérience, l'âge ou l'appartenance à un groupe ou à une classe d'âge. Mais ils sont encore aujourd'hui le fondement élémentaire de tout pouvoir possible. Tout pouvoir est d'abord pouvoir des hommes sur les femmes, des aînés sur les cadets. Ces pouvoirs ne sont peut-être pas en eux-mêmes politiques et doivent s'appuyer sur des institutions ou des relations particulières d'autorité pour se matérialiser. à l'infanticide préférentiel des filles.

La culture est instrumentalisée pour empêcher le vivre ensemble. Pour certains, la confusion entre culture et tradition permet d’enfermer leur pairs. Le respect de la culture d’origine empêcherait tout échange avec l’autre, ce serait trahison. Le culturalisme s’oppose à l’universalisme « en ouvrant la porte au relativisme intégral ».[1]
La modernité était fondée sur la culture individuelle. L’individu est considéré comme tel lorsqu’il a une conscience de soi. Si l’individu est plus agi qu’acteur, soit plus soumis que maître, le « je pense » remplacé par « je suis pensé », il n’est plus sujet mais objet, interchangeable à merci. Confusion entre nature et culture.
Critique du monde tel qu’il est devient affirmation de l’existence, l’activisme tend à glisser vers l’impassibilité : « l’individu, dans son identité, son sexe, son idéologie, sa profession, ses rapports institutionnels (familiaux, conjugaux, partisans) n’a plus la certitude d’antan mais s’emploie à chercher refuge dans des groupes restreints qui telle une niche vont lui apporter une sûreté que ne lui donne plus son identité ».[2]
« Chaque fois que l’image tend à prévaloir, on assiste à une accentuation de l’idée, ou de l’idéal, communautaire »[3].Objet et image, leur développement conjoint doit être considéré comme les symptômes de la fin de l’individualisme. L’un et l’autre pousse à l’imitation, à la viscosité groupale. Je vous renvoie au voile islamique. On peut rattacher à cet ordre organique tous les mouvements ethniques, la recrudescence des mouvements religieux et plus précisément charismatiques ou fanatiques, sans oublier des phénomènes comme le réveil de l’islam. Ce tribalisme et la religiosité ambiante qu’il impulse, son aspect groupal est essentiellement dû au partage d’objets-images de plusieurs ordres qui confortent le corps social. Primat du groupe sur l’individu

Conclusion

Malgré l’existence de l’égalité devant la loi, dans la plupart des États membres de l’UE, bien que l’égalité femmes-hommes, soit un principe fondamental et pilier de l’Union et de la commission européenne, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une réalité en Europe en 2006.

L’accès aux ressources, aux droits et au pouvoir est distribué de manière inégale entre les femmes et les hommes, l’inégalité se fait sentir à tous les niveaux et dans tous les groupes sociaux.

Le but des politiques d’égalité entre les femmes est les hommes est que les femmes et les hommes aient les mêmes possibilités, les mêmes droits et les mêmes responsabilités dans tous les domaines. Que les femmes soient actrices de leur vie, c’est-à-dire autonomes et responsables.

Dans le modèle de société européenne auquel nous aspirons, la réalisation de l’égalité femmes-hommes est non seulement une question de justice sociale par rapport aux femmes, c’est également une question de démocratie et de droits humains, un facteur essentiel du développement humain durable. Tous les experts sont d’accord : la richesse d’un pays dépend de la place qu’occupe les femmes dans ce pays. C’est pour cela que malgré l’immense rente pétrolière, les pays arabo-musulmans ne sortent pas de la misère. Donc les valeurs de l’Union pour la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes doivent être promues, non seulement à l’intérieur de l’Union, mais aussi à tous les niveaux de ses relations avec le reste du monde.

D’autres phénomènes et tendances politiques internes et internationaux, tels que l’augmentation de la traite des femmes dans un but d’exploitation sexuelle et la croissance des extrémismes religieux, représentent une nouvelle menace pour l’intégrité des femmes et leurs droits humains, en particulier leurs droits sexuels. En outre, les femmes se heurtent à des défis supplémentaires à l’échelle mondiale, comme le taux élevé de VIH/sida parmi les femmes et les petites filles, la prévalence de la violence physique et sexuelle masculine envers les femmes au sein de toutes les sociétés, la violation constante des droits humains des femmes dans les situations de conflit et de guerre ou encore la féminisation de la pauvreté dans le monde entier, en particulier le problème des lois sur l’héritage de la terre.

L’UE est tenue de remplir ses engagements au niveau international et de faire en sorte que l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes et de protection des droits humains des femmes soit complètement intégré dans toutes les politiques externes ainsi que les actions et les programmes européens concernés. En même temps, les transformations et les tendances économiques actuelles (mondialisation, privatisations, libéralisation des échanges commerciaux, etc.) ont des retombées sur les modèles sociaux européens et les services publics, ce qui a des conséquences importantes pour les droits des femmes et leur indépendance économiques.

Les déséquilibres entre les femmes et les hommes influencent tous les domaines de l’existence. Afin de réaliser l’égalité femmes-hommes, il convient donc d’agir sur tous les fronts définis par les objectifs stratégiques de la Plate-forme d’Action de Pékin (ONU, 1995) :
1. Éliminer les rôles et stéréotypes de genre fondés sur un modèle patriarcal
2. Réaliser la justice économique et sociale pour les femmes
3. Promouvoir la position des femmes dans la prise de décision : vers la démocratie paritaire en Europe
4. Éradiquer la violence envers les femmes et mettre en œuvre les droits humains des femmes
5. Rôle de l’Europe dans la promotion des droits des femmes au niveau international
6. Mécanismes institutionnels pour la réalisation de l’égalité femmes-hommes et l’intégration de la dimension de genre.

[1] Pascal Ory, La culture comme aventure, éditions complexes p.19
[2] Michel Maffesoli, La transfuguration du politique la tribalisation du monde, Biblio essais, 1992, p.168
[3] Id p.168/169

Wednesday, September 10, 2008

Burqa

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES
Association 1901, créée par Simone de Beauvoir
http://www.ldif.asso.fr



COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 12 juillet, 2008


Le Conseil d’Etat a su trancher et trouver les mots justes!


La LDIF se félicite de la décision du Conseil d’Etat qui a refusé par un arrêt du 27 juin la nationalité française à une marocaine musulmane, habitant les Yvelines, parce qu’elle portait une burqa.

Un élément essentiel de cet arrêt tient au fait qu’il identifie un excès ( une radicalité ») dans la pratique religieuse dès qu’elle se traduit par « un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment le principe d’égalité des sexes ».

La formulation de cette décision représente une avancée considérable par rapport à l’affirmation classique de la laïcité qui évite toute interprétation des signes religieux. Enfin, comme le demandent les féministes depuis la première affaire du voile en 1989, le Conseil d’Etat, confronté à un cas extrême d’enfermement et de soumission à travers le voile, ose dire ce que cela signifie.

Le voile n’est pas un signe religieux comme les autres. Il signifie la ségrégation entre les hommes et les femmes et un statut d’infériorité des femmes. Le fait que certaines d’entre elles le revendiquent ne change rien au sens de ce symbole.

En filigrane cet arrêt invite les religions, en l’occurrence la religion musulmane, mais les autres devraient aussi y réfléchir, à toiletter leurs textes et ou leurs pratiques à la lumière de l’évolution des droits et notamment du droit des femmes.


Annie Sugier,

Présidente de la LDIF