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mouvement des femmes Iraniennes

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Tuesday, November 24, 2009

la Journée mondiale lutte contre les violences faites aux femmes

Déclaration à l’occasion de la Journée mondiale lutte contre les violences faites aux femmes :

Lutter oui, mais prévenir aussi



Dés sa création, Le Planning Familial a été confronté aux violences contre les femmes. Beaucoup de celles qui venaient parler contraception, avortement, sexualité, étaient victimes de violences sexistes et sexuelles. Depuis Le Planning a développé des actions d’écoute et d’accompagnement et des partenariats avec les structures dans la prise en charge des victimes. La parole libérée permet de sortir les violences de la sphère privée et d’en faire une question sociale et politique.

Dans son approche des violences, Le Planning Familial considère qu’il faut aller au-delà de la dimension individuelle d’un homme auteur de violence et responsable de ses actes et d’une femme victime. Il y a en effet une responsabilité collective de nos sociétés qui restent fondées sur des relations inégalitaires entre les sexes, sur la domination du masculin sur le féminin. Cette domination d’un sexe sur l’autre n’est pas « naturelle », elle est construite socialement et a des conséquences sur les comportements individuels, sur les rapports sociaux et politiques.

Le Masculin et le Féminin sont définis par des stéréotypes qui enferment les hommes et les femmes dans des rôles normés. Ainsi nos sociétés valorisent les comportements à risques et la violence comme des valeurs fondatrices du Masculin : se battre, boire de l’alcool, conduire vite, être compétitif et agressif notamment dans le travail, le sport, la drague

La lutte contre les violences faites aux femmes implique de remettre en question ces stéréotypes et ces rapports de domination tant au niveau individuel que collectif car ils engendrent et légitiment ces violences. Elle exige aussi un travail avec les auteurs comme partie intégrante de la lutte contre les violences.

Protéger les victimes et punir les auteurs de violences, doit aller de pair avec un questionnement sur ces représentations et assignations du Masculin et du Féminin et sur les réactions violentes que celles-ci peuvent générer : homophobie, contrôle du corps, de la sexualité et de la vie des femmes et des filles, les assignations à la « virilité » pour les garçons et les hommes…

La prévention des violences passe par une intégration systématique dans les actions d’éducation à la sexualité en direction des jeunes d’une réflexion sur la place des hommes et des femmes dans nos sociétés, questionner avec eux les rôles masculins et féminins et les situations de discriminations vécues par les filles et les femmes dans la vie familiale, professionnelle et politique. Des expériences menées notamment en écoles primaires s’appuient sur un apprentissage à dire ses émotions, à écouter l’autre, parce que la violence est souvent le moyen de ceux « qui n’ont pas les mots »…

Pratiquée par des intervenants attentifs à travailler en partant des préoccupations des enfants, formés à conduire un groupe à se forger ses propres opinions, cette approche permet de prévenir les violences en permettant à chacun d’améliorer l’image de soi et ses compétences pour conduire sa vie.

Ce n’est qu’en adoptant le triptyque prévention, protection des victimes et punition des auteurs que notre société peut lutter efficacement contre les violences faites aux femmes tout en se ré-interrogeant sur la place qu’elle assigne à chacun des genres. Encore faut-il une réelle volonté politique…



Contacts :

Carine Favier, Présidente / 06 88 52 09 10

Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale / 01 48 07 81 00 / 06 70 19 83 48
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