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mouvement des femmes Iraniennes

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Tuesday, May 17, 2016

Les religions et la misogynie


Mehri Zand   Mars 2016
Je commence par donner quelques exemples pour montrer l’essence misogyne des principales religions, c'est-à-dire les trois religions monothéistes (Juives, Chrétien et l’Islam) et trois religions polythéistes (Zoroastrien, Bouddhiste et indou). Ensuite, je donnerais une brève explication sur les origines de ce regard misogyne et les intérêts et objectives qui s’y rattachent. Finalement je m’intéresserais aux effets de ce comportement uniquement sur la société iranienne pour arriver finalement à une conclusion.
Dans la religion juive, pareil aux autres religions, la femme est uniquement considérée en tant que mère. En fait, elle n’est qu’un utérus et ne sert qu’à la procréation et doit obéir à son marie. Dans la première partie de Thora (Genèse 16,3) nous lisons : « Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.» Les conditions de la femme sont tellement pitoyables que les hommes juifs dans leurs prière journalière répètent sans cesse cette phrase « Béni soit l’Éternel, notre Dieu, maître du monde, qui ne m’a pas fait naître femme » Dans la totalité de la partie genèse de Thora les femmes ne sont cité, encore de manière indirecte, que lorsqu’elles ont enfantées ou qu’elles sont stériles. Mais quand il faut parler de mensonge ou de tromperie, bien sûr le nom de la femme apparaît (genèse 6,19 ou genèse 7,39) ! Dans la religion juive, aussi, la femme qui entre dans une liaison extraconjugale est punie de la lapidation. Par contre, non seulement il n’existe pas de punition pour l’homme, mais, il peut avoir deux femmes officielles et deux femmes non officielles.
La femme chrétienne aussi n’a d’autre choix que d’obéir à son marie, désigné comme son seigneur et maître par dieu ! Dans l’Évangile on peut lire : « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. » (1 Corinthiens 11:3). Pour que le message soit bien entendu, le nouveau testament réaffirme ces vues dans (Ephésiens 21.6-24) : «Dans la crainte de Christ, soyez tout dévouement les uns aux autres, les femmes pour le marie comme au seigneur, car leur marie est la tête de la femme, le Christ est la tête de l'Eglise, son corps, dont il est le Sauveur. L’église est tout dévouement au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes vis-à-vis de leur mari. » L’évangile impose aussi le port du voile à la femme (1 Corinthien, 5, 11-6) : « Toute femme qui prie ou parle sous l’inspiration de dieu sans voile sur la tête, commet une faute identique, comme si elle avait la tête rasé. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu’elle se tonde ; ou plutôt, mieux qu’elle mette un voile puisque c’est une faute pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou rasés. » Et plus loin en (Corinthien 11, 10) : « C’est pourquoi la femme doit avoir la tête couverte, signe de sa dépendance par respect des messagers de Dieu. ». Toutes au couvent ! L'adultère féminin est condamné en (Romain 7, 3) mais rien n'est dit sur un comportement similaire de la part du mari. L’évangile dans les mêmes mesures que la Thora ou le Coran réduit la femme à une être serviable et obéissante qui doit fermer sa bouche : (1 Corinthien 14, 34-35) : « Que les femmes se taisent pendant les assemblées; il ne leur est pas permis d'y parler, elles doivent obtempérer comme le veut la loi. Si elles souhaitent une explication sur quelque point particulier, qu'elles interrogent leur mari chez elles, car il n'est pas convenable à une femme de parler dans une assemblée ». Et pour couper court à toute critique la femme, l’histoire inventé d’Adam et Eve et le péché « originel » est rappelé et l'énervement prend le rédacteur de l’évangile (1 Tim 2, 12-14) : « Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de faire la loi à l'homme, qu'elle se tienne tranquille. C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui séduite, a désobéi. ». Bien sûr « le péché originel » ne lâche pas les femmes jusqu’aux nos jours et le salut vient par la maternité : (1 Tim 2, 15) : « Néanmoins, elle sera sauvée par la maternité ». Un ventre, tel est l'unique rôle de la femme dans une société chrétienne. 
Concernant l’Islam, les pratiques des Etats tels que l’Arabie Saoudite, La République Islamique d’Iran, Talibans de l’Afghanistan, les divers groupes islamiques dans divers pays de l’Afrique ou aujourd’hui Daesh ne laissent pas de doute sur la nature misogyne de l’islam ! Mais quand j’entends dire que « le vrai Islam n’est pas celui-ci », « C’est une fausse interprétation de l’islam », « ceux qui pense ainsi n’ont même pas lu le Coran » etc. je m’oblige donner comme référence, deux versets de Coran que vous avez certainement entendus à mainte reprises. (Sourat Nessa, Verset 38) « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises. » Ou encore ceci : (sourat Nessa, Verset 34) : « Si votre femme vous désobéi et se révolte, commencez par lui donner des conseils, si elle continu à désobéir, reléguez la dans des lits à part et si elle persiste, battez la ; mais aussitôt qu’elle vous obéit, ne lui cherchez point querelle ! » De même ce verset 223 de Sourat Bagharat : « Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l'entendrez, ayant fait auparavant quelque acte de piété. »
Dans l’Islam, les discriminations contre les femmes sont nombreuses et appliquées encore de nos jours : dans le droit civil ; l’inégalité dans le divorce, le droit de garder les enfants, le droit de succession etc. Dans le droit pénal ; la femme adultère est lapidée. Ou, la solution alternative : (Sourat Nessat, Vesrset 19) : « Si vos femmes commettent l'action infâme (l'adultère), appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elles, enfermez-les dans des maisons jusqu'à ce que la mort les visite ou que Dieu leur procure un moyen de salut. ».  La femme ne peut pas exercer certains métiers et ne peut pas occuper certaines positions dans la hiérarchie. Elle ne jouit pas de même droits dans la famille que l’homme ; ne peut pas voyager ou travailler sans la permission de son marie ou de son père, ses droits pour un témoignage ou lors d’une réparation d’un préjudice ne sont pas égaux aux ceux de l’homme. Etc.
Récemment un certain attrait s’est manifesté pour la religion bouddhiste. Cette religion est présentée comme étant celle de la paix, tranquillité et de l’amour. Mais en fait elle n’enseigne que la haine et le mépris contre les femmes. Dallai Lama, dans son livre intitulé « comme la lumière avec la flamme » cite un poème qu’il présente comme étant l’enseignement du Buddha et dit aimer beaucoup cette poésie :
L'attirance pour une femme vient surtout 
De la pensée que son corps est pur 
Mais il n'y a rien de pur 
Dans le corps d'une femme
De même qu'un vase décoré rempli d'ordures 
Peut plaire aux idiots 
De même l'ignorant, l'insensé 
Et le mondain désire les femmes
La cité abjecte du corps 
Avec ses trous excrétant les éléments, 
Est appelée par les stupides 
Un objet de plaisir".
Un des textes fondamentaux du bouddhisme, le canon pali, exprime lui aussi sans ambiguïté cette misogynie (cité dans Le bouddha, Henri Arvon, PUF, 1972) : 
"Aussi le bouddha ne cesse-t-il de mettre ses disciples en garde contre la séduction insidieuse exercée par la femme: «Il faut se méfier des femmes, leur recommande-t-il. Pour une qui est sage, il y en est plus de mille qui sont folles et méchantes. La femme est plus secrète que le chemin où, dans l'eau, passe le poisson. Elle est féroce comme le brigand et rusée comme lui. Il est rare qu'elle dise la vérité : pour elle, la vérité est pareille au mensonge, le mensonge pareil à la vérité. Souvent j'ai conseillé aux disciples d'éviter les femmes.»"
Dans la religion Hindou, « L'hindouisme », si une femme ne vaut pas grand chose, une veuve en vaut encore moins. L’appartenance d’une à un homme est si évidente que l'hindouisme propose une solution dont l'horreur le dispute à l'animalité : le bûcher ! Dénommée le sati, la crémation d'une veuve, vivante, sur le bûcher de son mari défunt signifie à l'épouse son inutilité. Cette horreur contre les femmes est depuis longtemps déclaré illégale par l’Etat mais, malgré cette illégalité, ce rite est suivi de temps en temps !
Dans la religion de Zarathoustra, Vandidad est l’un des vingt et un livre d’Avesta. En fait ce livre est dédié à l’ensemble des rites et des commandements religieux de la religion de Zarathoustra. Nous pouvons y lire que : « une femme qui voit le sang de ses règles doit vivre dans une pleine sans eau et sans verdure, loin des objets sacré. Quelqu’un lui versera de la nourriture d’une distance assez loin. Le récipient de sa nourriture doit être fait d’un métal sans valeur tel que le fer ou le plomb. Sa nourriture et  son eau doivent être très peu. » Pour la propreté de la femme qui a ses règles, il faut creuser trois faussées. Il faut la laver dans la première et la deuxième faussée, avec l’urine de vache et dans la troisième avec de l’eau. Ainsi « la femme devient propre » !. Une femme qui cache ses règles doit être battue par deux cents coups de fouet de cavalerie et deux cents fouets de cuire. » (Vandidad Tom 3, page 1517, Farguerd 16, Numéro 13-1). Dans la religion de Zarathoustra, la femme qui accouche d’un enfant mort né, est une femme au sommet d’impureté et doit être extrêmement punie et purifiée. « Le commandement pour une femme dont l’enfant est mort né : elle doit être éloigné trente pas de l’eau, trente pas de Barsam (1), trente pas des hommes saints, trente pas du feu. Elle doit être tenue dans un endroit clôturé avec très peu de nourriture et de vêtement. Sa nourriture doit être composée de l’urine de vache mélangée avec la cendre. Dans l’utérus de la femme il faut verser de l’urine de vache mélangée avec la cendre, ensuite elle doit boire du lait frais de vache, du jument, du buffle et de la chèvre et manger des fruits frais ou sec, de la viande sans eau, de la farine de l’orge et du blé sans eau accompagnés du vin sans eau. Elle reste trois jours et trois nuits dans cet état. Ensuite, après trois jours et nuits, elle sera dévêtue. Des prêtres la lave dans 9 faussées avec de l’urine de la vache et de l’eau jusqu’à ce qu’elle devienne propre. Ensuite, elle doit rester encore 9 jours et nuits au même endroit et se nourrir par les mêmes nourritures et se vêtir par les mêmes vêtements. Puis après neuf jours et nuits sera dévêtue et lavée par l’urine de vache et de l’eau pour qu’elle devienne propre. (Vandidad, tom 3, page 557 Farguerd 5 numéro 58-4)
Mais pourquoi les religions insistent autant sur la nécessité de la subordination de la femme à l’homme et pourquoi le contrôle du corps des femmes leur est si important ?
Si on considère les trois religions monothéistes, Judaïsme, Chrétienne et l’Islam, bien qu’elles soient apparues et développées dans des intervalles de temps considérables entre 1000 à 1700 ans (le judaïsme pendant le millénaire avant la naissance de jésus et l’Islam au septième siècle de l’ère chrétienne) mais elles ont toutes une racine commune et c’est d’être apparus et développées dans des sociétés d’élevage et des tribus migrants qui n’étaient que des sociétés de classes formées sur la base de la domination de l’homme sur la femme (patriarcales). Depuis l’apparition de la propriété privée des moyens de production et la possibilité de l’accumulation de richesse et son transfert aux enfants, le besoin de spécification des enfants naturelles est apparut chez l’homme. La nécessité de contrôler la naissance de sorte que les enfants naturels soient identifiés pose le problème de la nécessité de contrôler le corps de la femme. D’autre part, le contrôle du corps de la femme impose le problème de la domination de l’homme sur la femme, la virginité et l’interdiction de rapport sexuelle en dehors du mariage. Étant donné que les filles quittent la famille après le mariage et appartiendront à la famille du mari, il vaut mieux de ne pas hériter de la famille ou que leur héritage soit plutôt réduit par rapport aux enfants mâles. Par contre, le service sexuel à un marie qui n’est souvent pas choisit par la femme, les travaux ménagers permanent et l’éducation des enfants font partie des devoirs de la femme ! Si nous pensons que les religions sont une émanation de l’esprit humain et donc prennent racine dans la situation sociale, culture et traditions, il est donc normal que toutes celles-ci soient reflétées dans leurs enseignements. Les religions sont nées de l’ordre existant des sociétés desquelles elles ont été issues et par le biais des lois sous formes de versets, commandements et énonciations, servent ces ordres. Il est clair qu’un ordre aussi inégalitaire ne puisse être maintenu que par la force. Il doit y exister une force qui dit aux victimes que c’est la justice et la volonté de dieu ; Les terrorise par les souffrances de l’enfer ! Et au besoin, les punir. Cette force est dans la mosquée, l’église, synagogue et temple.
Quelles sont alors les traitements réservés par la religion contre la femme dans les sociétés capitalistes actuelle ?
Depuis l’apparition des trois religions polythéistes et les trois monothéistes, la société humaine a beaucoup évolué mais étant fondée sur des rapports de production dont la propriété privée des moyens de productions est partie intégrante, dans un climat de lutte de classes, la violence et la ségrégation contre les femmes continuent. Aujourd’hui, au niveau international, les progrès dans les sciences et techniques et le développement des moyens de production qui en résulte posent la possibilité concrète de pouvoir se débarrasser de la propriété privée sur les moyens de production qui est à l’évidence la source et la cause de toutes les inégalités sociales. Le travail collectif a l’aide des moyens de production modernes sur la terre agricole, dans ateliers et usines, écoles, hôpitaux et entreprises de service et culturelles a non seulement créé la possibilité mais aussi la nécessité d’instaurer la propriété collective sur les moyen de production. Les femmes ont acquis à s’engager à l’extérieur de la maison, dans un travail de production, de service ou de la culture, en toute indépendance par rapport à leur père, frère ou marie. C'est-à-dire que la possibilité de l’indépendance économique des femmes qui est la condition primordiale de leur indépendance totale par rapport aux mâles de la famille est pour la première fois existante. Ici, je veux insister sur le fait que ces possibilités ne sont pas du tout créé par le capitalisme mais sont le résultat du développement des moyens de productions. [Si le système capitaliste  ne s’oppose pas au travail de la femme à l’extérieur de la maison (malgré quelques conséquences légales et sociales) c’est pour en tirer davantage de profit car, à cause de la position d’infériorité inculquée à la femme dans la société, elles sont engagées dans des conditions de travail désavantageuses avec des salaires plus bas et donc un taux d’exploitation plus élevé. Bien sûr le besoin d’augmenter davantage la force du travail pour répondre aux exigences d’accumulation du capital est aussi une cause constance pour engager les femmes]. Par contre, le capitalisme, en continuant à sauvegarder et protéger  la propriété privée sur les moyens de production, empêche les femmes d’accéder de manière étendue à toutes les possibilités que la société est capable de mettre à leur disposition. Le capitalisme, en s’appuyant sur la culture macho, particulièrement contenu dans la religion, profite énormément de la position de subordination de la femme. Conformément à cette culture, la femme est « naturellement faible et impuissante ». Il est donc « normal » de lui réserver des taches moins nobles et surtout moins de salaire ! De plus, « ce n’est pas elle qui est « maitre de la famille et la nourrit », « ses revenus sont auxiliaire », donc, elle n’a pas besoin de beaucoup de salaire. Si elle n’a personne pour s’occuper d’elle, c’est soit de sa faute (elle n’est pas bonne, obéissante et pieuse) soit que c’est la volonté divine. Là ou le capital a besoin de congédier ses travailleurs et secrétaires, il est « normal » de commencer par les femmes. Car, dans tous les cas « la principale place de la femme est à la maison » et « le principal devoir de la femme est le ménage et services au marie et aux enfants ». Ces vérités ont d’ailleurs été dites par  Dieu et Prophète ! « Ils connaissent mieux le bien de l’humanité ».
Ainsi, tant que la propriété privée, c'est-à-dire le capitalisme, existe, soit que les femmes n’obtiennent pas leur indépendance économique, soit  que cette indépendance est toujours et davantage menacé que celle des hommes. (75% de ceux qui vivent sous la barre de pauvreté sont des femmes). De là, on peut dire que la lutte pour l’abolition du capitalisme et l’instauration du socialisme est non seulement une lutte de classe mais aussi celle pour la libération de la femme. Pour acquérir une indépendance économique sûre qui est le premier et le plus important des pas vers la fin de dépendance envers le père, frère ou marie, les femmes n’ont pas d’autre choix que de combattre le système capitaliste. Il est claire que dans cette partie de la lutte, les femmes capitalistes ou liées au capitalisme, non seulement ne sont pas du coté des autres femmes, mais se rangent contre elles aussi bien que contre tous les exploités, femmes comme hommes. Ici aussi, les enseignements de la religion, (tels que « la sainteté de la propriété privée  et la crainte  de s’y opposer » ; « la nécessité d’accepter le destin » ; « ce monde est éphémère et il existe un autre monde après la mort où ceux qui ont le plus souffert et supportés des douleurs auront plus de tranquillités et de récompenses »), sont autant de barrages moraux et psychologique face au développement de la lutte.
L’apparition de la possibilité d’indépendance économique de la femme dans les sociétés capitalistes a préparé le terrain pour le développement des luttes des femmes contre les discriminations qu’elles subissent. Dans certaines sociétés, surtout les sociétés occidentales, les femmes ont réussit plus ou moins à obtenir une partie de leur droits démocratiques. Ces acquis concernent surtout : le droit de choisir son vêtement, le droit de choisir son orientation sexuelle, le droit d’obtenir un salaire égale pour un travail égale par rapport aux hommes, l’égalité dans l’héritage, l’égalité pour faire des études, droit égale pour bénéficier des services de santé, la création et le développement de possibilités légales, financières et logements pour protéger les femmes de la violence conjugales etc. En jetant un coup d’œil sur ces revendications que nous avons répétée la totalité ou une partie en divers reprises, nous voyons que : La totalité de ces privations des droits que les féministes et le forces progressistes, surtout les communistes, ont lutté pendant des années pour abolir, ont leur racine dans la religion et s’appuient sur les recommandations religieuses et même sous la pression directe des institutions religieuses elles ont réussit à pénétrés les lois de divers pays. L’obtention de ces lois a partout heurté à l’opposition farouche des synagogues, églises, mosquées et temples et dans les sociétés capitalistes où la séparation de la religion et de l’Etat n’existe pas ou au moins la présence de la religion dans l’Etat n’est pas affaiblit, la possibilité de l’obtention de ces droits n’existe pas. Comme nous pouvons nous apercevoir, pendant longtemps la pression de l’église a empêché le droit de divorce et d’avortement et, même encore de nos jours, ces droits ainsi que l’homosexualité sont constamment les cibles des attaques de forces religieuses. Nous concluons que là où la religion n’est séparée de l’Etat, l’obtention des droits démocratiques en générale et les droits des femmes en particulier ne sont pas évidentes. Car, les constitutions fondées sur la religion renferment nécessairement le non-droit de la femme. La république Islamique a commencé par réprimer les femmes avant d’étendre la répression sur la totalité des valeurs démocratiques en Iran. Le port du voile islamique a été arboré en tant que l’étendard du pouvoir islamique. Attaquer les lois de la protection de la famille et sa transformation aux lois islamiques, a été parmi le premier acte de l’Etat islamique, (même si sa mise en application a été pour longtemps retardée en raison de la résistance des femmes). Déjà, avant la révolution, précisément à cause de la présence de la religion dans les mœurs de la population et les lois du pays, les femmes étaient privées d’une bonne partie de leurs droits. Mais, au moins le droit de choisir son vêtement ainsi que le choix d’un métier sans l’autorisation préalable du marie étaient acquis. Si une femme entrait dans une relation extraconjugale, elle n’était pas condamnée à la prison, fouet ou lapidation. La polygamie était interdite depuis longtemps. Le mariage temporaire, c'est-à-dire la prostitution officielle de la religion, ne prenait pas en otage, autant qu’aujourd’hui, les femmes pauvres de la société. Les artistes féminins ne se heurtaient pas à autant de problèmes pour jouer dans une pièce de théâtre ou du cinéma. Une chanteuse pouvait chanter en solo et comme aujourd’hui, le chant des femmes solistes ne rencontraient pas de restrictions ! Dans beaucoup de domaines, l’Etat islamique a repoussé les droits des femmes au niveau des lois de l’ère d’esclavage. Aujourd’hui, les iraniennes ont soit accepté le port du voile islamique, soit qu’elles dépensent une énergie considérable pour le contourner. La peur des sbires du régime, comme Sar-ollah ou Hezb-ollah, est devenue partie intégrante de leur existence. Même si elles ont réussi à affaiblir l’ombre de ce moyen de répression, mais cette épée de Damoclès flotte toujours sur leur tête ! A mon avis, ceux qui ont organisé « la campagne d’un million de signatures » et promis aux femmes de pouvoir accéder à leurs droits dans le cadre ce même régime religieux et en ramassant des signatures, n’ont apporté rien d’autre que dispersion, déviation et l’affaiblissement de la lutte ! L’échec de cette voie a une fois de plus démontré que le rejet des droits de la femme et la violence et la discrimination sont partie intégrante de toutes les religions et sans la séparation de la religion de l’Etat, il est impossible que les femmes n’obtiennent aucun de leurs droits. C'est-à-dire, le premier pas dans la lutte des femmes pour acquérir durablement leurs droits démocratiques réside dans la lutte pour le renversement de la République Islamique.
Pendant les dernières élections nous avons été témoin de certain points de vus et propagandes prétendant de vouloir envoyer quelques femmes à « l’assemblé des experts » pour apporter des modifications dans les lois à l’avantage des femmes. Aujourd’hui encore ces mêmes voix n’hésitent pas d’exprimer leurs joie de la victoire relative le l’aile réformiste et « modérée » dans les élections de l’assemblé islamique. Nous rappelons tout simplement que cet « assemblé » n’est elle-même qu’une institution sélectionné par le régime ! L’Etat capitaliste d’Iran, l’Etat islamique, est en réalité un califat. L’appellation « République » est un mot entièrement exclue de la réalité. Jamais, dans aucun domaine, l’élection n’a pas existé. Ni pour ses « assemblés », ni pour ses « présidents de la république ». Les individus qui sont présentés pour les « élections » devant les des citoyens, doivent être au préalable sélectionnés par le « conseil des gardiens » qui est un ensemble de mollahs « doctes » qui ne sont pas des élus mais, eux mêmes sélectionnés par le calife (le guide). C’est après ce choix que les citoyens sont appelés devant les urnes pour participer au jeu de leur propre tromperie. Concernant ces mêmes « élections de l’assemblé des experts » : si une femme est choisit par « le conseil des gardiens » pour y siéger, il n’y aura l’ombre d’aucun doute qu’elle appartiendrait à une des ailes de ces mafiosi militaro-financier de l’Etat. D’autre part, comment peut on imaginer que dans un ensemble réactionnaire et patriarcal dénommé « le conseil des gardiens », une femme soit élue qui, ne serait ce que dans son imagination, oserait de mettre en doute un de ces commandements divins ; de là, on peut comprendre la vanité des prétentions de ceux qui disent pouvoir y faire un pas vers la modification de ces mêmes lois ! Mais heureusement, il existe une autre voix qui se laisse entendre parmi les iraniennes qui pour les mêmes raisons que nous avons évoqué plus haut, ne se contente pas de moins que la séparation de la religion de l’Etat c'est-à-dire, le renversement du régime islamique d’Iran. Nous sommes partie intégrante de cette voix et nous avons le devoir de la renforcer dans le mouvement des femmes.
Les communistes, les sociaux féministes et tous les progressistes des pays occidentaux peuvent aussi, à leur tour,  proposer des idées. Croire en la nécessité de la séparation de la religion et de l’Etat et de l’enseignement, ce que la religion est une question privée et que les gens sont libre dans leur choix d’avoir une religion ou non, ne doit pas nous empêcher de dénoncer  la nature non scientifique, réactionnaire et misogyne des religions et d’adopter une attitude claire et éclairante ! Les communistes et les sociaux féministes de tous les pays ont le devoir de prendre des positions claires et sans ambigüité vis à vis de ces recommandations et enseignements ! Nous devons défendre nos idées et opinions clairement. Notre prise de position envers la religion ne signifie aucun manque de respect pour personnes croyantes. De la même façon ; une personne croyante est libre de critiquer les idées et les théories des non croyants et matérialistes. La laïcité et la liberté d’expression forment deux fondements d’un même ensemble et l’absence de l’une d’elles vide l’autre de son sens. Ceux parmi les intellectuels communistes ou social-féministes des pays de l’Europe qui au nom du « relativisme culturelle », « l’identité culturelle » ou « le féminisme islamique », évitent de s’engager dans une lutte claire et non conservatiste face aux recommandations et enseignements paternalistes de l’Islam en accusant les autres de l’islamophobie pour tenter de les faire taire, versent de l’eau au moulin des forces de la réaction islamique et tournent le dos à la lutte des forces progressistes et éprises de liberté, réprimées par ces mêmes réactionnaires. Leur acte est souvent basé sur de bonnes volontés en pensant d’éviter d’avoir un regard colonialiste et donner des ordres aux citoyens des autres pays. Mais, quand nous parlons et proclamons la non intervention des pays occidentaux, nous voulons dire la non intervention économique, politique et militaire des capitalistes de ces pays qui ne visent qu’à préserver et étendre leurs propres intérêts. Par contre ce que nous demandons avec force et insistance c’est la solidarité et l’unité de toutes les forces éprise de liberté et solidaires de ces pays. La liberté d’expression, l’égalité des deux sexes, la justice sociale, l’abolition de l’oppression nationale et raciale font partie des valeurs universelles qu’au niveau mondial doivent être défendues. Lutter contre toute culture ou religion qui violent ces valeurs est le devoir de toutes les forces éprises de liberté, surtout les communistes et les social-féministes. En fait, ne pas défendre ces valeurs universelles au nom du respecter « l’identité culturelle » renferme un regard colonialiste. Ce regard qui s’est enraciné dans les pays occidentaux, opère de diverses façons même parmi les intellectuels de gauche. Cette réflexion, considère inconsciemment  que les populations des pays autrefois colonisées forment une catégorie à part qui n’a ni la volonté et ni la force de la transformation de sa culture ; ainsi, pour les respecter il faut respecter leur culture arriérée !
Au cours d’un débat sur la question de l’interdiction ou l’autorisation de port de hijab dans les écoles, Wassila Tamzali, une avocate féministe algérienne, dans un appel sous le titre de « Féministes, je vous écris d’Alger », dit ceci :
« Que nous, les féministes arabes, espérions trouver sous leurs plumes unanimes une salutaire remise des pendules à l'heure et un regard incrédule sur l'amalgame religion et patriarcat, quoi de plus normal ?
Depuis de longues années, les pensées des féministes françaises et des féministes du Sud que nous sommes se croisent, et, sur les discriminations sexistes, nous avons toujours eu globalement les mêmes démarches. Cela confortait notre conviction que le féminisme était universel, puisque, elles d'ici et nous de là-bas, nous partagions des analyses, des colères et des buts identiques. Enfin, pensions-nous, nos amies féministes, sur ce sujet du voile qu'elles connaissent parfaitement, sauront tordre le cou au relativisme culturel qui fleurit bizarrement jusque dans les rangs de la gauche intellectuelle, dans les enceintes sacralisées, comme la Ligue des droits de l'homme ! Eh bien non ! Il faudra ajouter au voile une autre victoire, celle de diviser les féministes, d'obscurcir le clair discours de ce mouvement français par la bouche de certaines de ses plus vaillantes défenderesses comme on a pu le lire dans le journal le Monde (1) et de rompre, pour la première fois, les alliances anciennes et si nécessaires entre elles et nous.
…… accepter la pratique, maghrébine ou pas, musulmane ou pas, de cacher ses cheveux, de ne pas se faire soigner par un homme, de ne pas serrer la main des hommes, c'est-à-dire accepter des pratiques de stricte ségrégation sexiste, ….. Refuser le voile ne signifie pas accepter le racisme ! ... Nous luttons contre les régimes que l'on connaît, et faut-il ajouter l'opposition de ceux qui devraient être à nos côtés …. Je veux simplement rappeler que la peur de stigmatiser le christianisme n'a pas arrêté la lutte des féministes, ….. Alors, ce qui est bon pour une religion ne l'est pas pour l'autre ?... . Peut-on dire que ce qui conduit la pensée féministe en général n'est pas bon pour ce qui concerne les femmes dites musulmanes ? Nous avons déjà assez de mal comme ça pour que des intellectuelles ajoutent leurs voix ­ et quelles voix ! ­, à ceux qui pensent avec Tariq Ramadan qu'il existe un genre «femme musulmane».
Conclusion :
Aujourd’hui, le capitalisme mondial renforce par tous les moyens les forces religieuses pour réprimer et détourner de leur objectives, la lutte des peuples partout dans le monde. Le renforcement des forces religieuses s’attaque intensément les droits des femmes. La lutte des femmes contre ces deux forces doit avoir deux caractéristiques principales : 1 - préservation de l’indépendance et proclamation concrète de ses revendications. 2 – Liaison avec d’autres luttes des travailleurs, jeunes, les peuples opprimés, les homosexuelles etc. C’est seulement dans l’indépendance et avec cette unité que les femmes seront capables d’accéder à leurs revendications. A mon avis, face aux pressions des forces réactionnaires, seule l’acquisition et l’approfondissement des consciences matérialiste, communiste et sociale-féministe peut être efficace. Je pense que nous avons suffisamment payé pour réclamer courageusement notre place. Dénonçons le mythe d’anti-impérialisme, justice et égalitarisme des forces réactionnaires et à notre tour ne permettons pas que ces réactionnaires détournent encore plus les luttes des forces populaires étouffées par tant d’injustices et d’inégalités et prennent encore des victimes parmi eux, tout en piétinant leurs droits.


Barsam dans la religion zoroastrienne est le nom donné à une branche coupée d’un arbre appelé aussi « Tâk » et « tay » dans la langue Pahlavi. La tradition de prendre un Barsam est très ancienne en Iran. Prendre un Barsam en main et prier est équivalant de remerciement pour la prospérité des plantes qui sont nourricières des hommes et des bêtes. 
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