Pages

mouvement des femmes Iraniennes

mouvement des femmes Iraniennes

Monday, November 30, 2009

Compte-rendu de Pékin + 15

Compte-rendu de Pékin + 15
Région Europe
Françoise Morvan - Michèle Vianès
1- Rappel de la plate-forme d’action de Pékin
La « région Europe » pour l’Onu est une zone historique, politique et non géographique : 56 Etats membres : pays Européens auxquels sont ajoutés les Etats Unis, le Canada, Israël et les républiques d’Asie centrale.
Zone extrêmement disparate, aussi bien du point de vue des droits humains, sociaux, démographiques, économiques et financiers
Plate-forme d’action de Pékin, comme la plupart des textes internationaux adoptés entre la fin de la 2° guerre mondiale et le début des années 90, ne pourraient plus être adoptées aujourd’hui.
Sous prétexte de relativisme culturel, l’entrée en force des lobbys religieux pour revenir sur les droits universels fondamentaux, à commencer par ceux des femmes, se manifeste à tous les niveaux de décisions.
Lors de l’adoption de la PFA de Pékin, les ONG étaient clairement affichées comme des interlocuteurs formels des Etats. Il était demandé à tous les pays signataires de répondre tous les 5 ans à un questionnaire sur l’état de l’avancement des objectifs définis par la PFA et de demander également leur avis aux ONG. Pour Pékin + 15, lors de la Commission du statut des femmes de 2008, il a été également demandé aux pays et aux ONG de mettre en lumière les bonnes pratiques, les progrès accomplis et les obstacles rencontrés dans la promotion de l’égalité entre les sexes dans la région de la commission économique pour l’Europe (CEE, ECE).
La PFA de Pékin a identifié 12 domaines prioritaires d’action :
• A.La persistance de la pauvreté
• B. Éducation et formation des femmes
• C. Les femmes et la santé
• D. La violence à l’égard des femmes
• E. Les femmes et les conflits armés
• F. Les femmes et l’économie
• G. Les femmes et la prise de décision
• H. Mécanismes institutionnels chargés de favoriser la promotion de la femme
• I. les droits fondamentaux des femmes
• J Les femmes et les médias
• K Les femmes et l’environnement
• L La petite fille

Les mêmes réunions régionales auront lieu en Asie, Afrique, Océanie et nous nous retrouverons toutes et tous à New York les 27 et 28 février 2010 pour Pékin+ 15 qui sera suivi de la 54 ° CSW du 1 au 13 mars
2- Réunion des ONG
Lors de la réunion de préparation le 21 octobre, il a été décidé que la CLEF pour jouer son rôle de coordination francophone réunirait les associations francophones à la pause déjeuner.
Lors de ces rencontres, finalement très attendues par nos amies francophones, les échanges ont été riches sur ce qui se passait et se disait dans les caucus et en plénière.
Le 1° jour, notre déclaration écrite a été distribuée à chacune et discutée. Nous avons ainsi pu mettre en lumière rapidement les droits fondamentaux des femmes sur lesquels nous ne voulions aucun recul ni compromis de la part des Etats membres.
Le message est immédiatement passé, compte tenu du besoin ressentie par toutes de réaffirmer les fondamentaux.
3 séances plénières et des ateliers thématiques ont eu lieu pendant les deux jours.
Une séance a été réservée le 2° jour à la réunion des ONG de l’Union européenne animée par le LEF. Les débats y ont été particulièrement fournis et intéressants dans leur contenu. Le LEF fait autorité auprès de toutes les ONG européennes. Après amendement, la déclaration proposée par le LEF a été adoptée pour être lue devant les Etats.

3- Réunion régionale d’examen
Présidence française
3.1 Examen des progrès accomplis dans la région
Pays par pays 4 mn
Au-delà de la disparité des situations pour les femmes, les réponses données au questionnaire par les Etats membres de la zone Europe convergent sur certains points fondamentaux.
La plupart des pays ont décidé d’agir en priorité dans trois grands domaines : les violences faites aux femmes, en particuliers les actes de violence familiale et la lutte contre la traite ; la place des femmes dans l’économie, notamment les moyens de réconcilier vie professionnelle et vie familiale et de combattre la pauvreté des femmes ; enfin, le développement des dispositifs mis en place dans les pays pour promouvoir l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes.
Les progrès de la condition de la femme ont été plus inégaux et plus lents au niveau de la prise de décisions, dans les médias et dans les secteurs sociaux (santé et éducation ). Quant aux activités et politiques de prise en compte des spécificités sexuelles dans le domaine de l’environnement, elles n’ont guère progressé.
Au-delà des deux séances sur l’examen des progrès accomplis dans la région Europe, trois tables rondes ont eu lieu permettant des échanges Etats/ONG
Les thèmes abordés ont été les suivants :
Politiques économiques soucieuse de l’égalité entre les sexes dans le contexte de la crise économique et financière
Egalité entre les sexes et secteur des entreprises
Nouveaux partenariats, réseaux et alliances dans l’optique de l’égalité entre les sexes
Tous les pays ont pris des mesures pour 1 représentation plus égalitaire des sexes au niveau électoral (quota) et de la prise de décision ainsi que des mesures contre les violences envers les femmes dans le cadre de la campagne « Unite to end violence against women », lancée lors de la CSW de 2008.
La phrase dite par tous les représentants des Etats : parité et autonomisation, gender equality and empowerment of women
Le fossé entre les mesures et leur réalisation persiste. Avancée à petits pas dans tous les domaines quota pour atteindre les 30% , seuil critique favorable et nécessité de lois contraignantes
Alerte : USA nécessités de nouveaux alliés : les hommes et les leaders religieux (répétés 3 fois !), Turquie : former les responsables religieux à l’égalité F/H
Quant à Malte, égale à elle-même : contre l’avortement et pour le droit à la vie !
Pays phares : Norvège et Suisse (voir fin du compte-rendu)
L’Ambassadeur de France a rappelé en conclusion que les droits des femmes ne pouvaient être bafoués au nom des traditions ou religions.
Problèmes dans les Républiques d’Asie qui vivent du produit des travailleurs émigrés
ONG : très bonnes recommandations du LEF, qui a bien pris en compte les recommandations de la Clef, en particulier contre le système prostitutionnel et pas de régression des droits des femmes sous prétextes religieux.
3.2 Politiques économiques soucieuses de l’égalité entre les sexes dans le contexte de la crise économique et financière
2 ateliers, Cécile Gréboval du LEF est intervenu dans le second atelier ; Vous trouverez son intervention en pièce jointe.
Hommes plus touchés par le chômage (emplois industriels)
Femmes : Chômage, emploi vulnérable (secteur informel), diminution des aides
Sortie intelligente de la crise : emploi des femmes permettant des rentrées fiscales et des créations d’emplois dans les services à la personne,
3.3 Egalité entre les sexes et secteurs des entreprises
Norvège : système de quotas pour imposer 40% de femmes dans les Conseils d’administration des entreprises norvégiennes.
Pays Bas : seulement incitatif, ce n’est pas efficace,
Suisse : Pour pouvoir répondre aux appels d’offre fédéraux, les entreprises doivent être reconnues comme « paritaires », ce qui se vérifie grâce à un logiciel simple et gratuit, c’est imité par l’Allemagne et le Luxembourg. Cela pourrait aisément se faire en France. Pour répondre aux commissions d’appel d’offre des collectivités, des certifications sont nécessaires. Par ailleurs quand on sait le coût pour obtenir le label égalité, on comprend qu’il n’y a que les très grosses entreprises qui peuvent l’envisager.
En fonction des débats et des interventions des Etats, nous avons rédigé une déclaration écrite pour la CSW et nous préparons nos interventions pour la réunion mondiale fin février à New York.
Post a Comment