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mouvement des femmes Iraniennes

mouvement des femmes Iraniennes

Wednesday, February 15, 2012


Paris, le 6 février 2012
Lettre ouverte à Nicolas Demorand, directeur de la publication et de la rédaction de Libération et à Olivier Wicker, rédacteur en chef de Next.
Messieurs,
La Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF) qui regroupe plus de 60 associations adhérentes,  intervenant sur toute la palette des droits des femmes, oeuvre pour la reconnaissance et la mise en acte de l’égalité des femmes et des hommes afin qu’ensemble ils construisent une société responsable et solidaire.
Nous sommes atterrées par la couverture de Next de ce week-end du 4 et 5 février et de son titre:« Zahia, un conte moderne ».
À l’heure des engagements politiques fondamentaux pour notre pays dans un contexte de crise, que nous propose Libération ?  Le trajet d'une prostituée vantée comme modèle de femme libérée. L'article fait d'abord l'éloge du Palais de cette nouvelle fée, avec un vocabulaire sanctifiant le prix des objets, la taille de l'appartement, la domesticité imposante et  paradoxalement le manque de goût  « kitch et narcissisme », soulignant l'immaturité de « la pécheresse ».
Ce mépris  sous-tend tout l'article qui  ne met en valeur que l'apparence de cette jeune femme au physique à la limite de l'anorexie: 42 kilogrammes , en souffrance psychologique telle qu'en atteste l'insistance sur sa solitude, un passé chargé qu'elle ne peut verbaliser. Un questionnement insultant sur le quotient intellectuel de cette  jeune femme immigrée, une parole contrôlée par ses  assistants, sa docilité  encensée complète le portrait : Quelle belle image de femme libérée !  Sans oublier la question fondamentale pour votre journaliste: Qui paie ce train de vie de cette cocotte du 21e siècle?
Toute cette mise en scène pseudo journalistique ne sert qu'à promouvoir la prostitution et les proxénètes tels qu'en attestent les références au vote à l'unanimité par nos députés le 6 décembre 2011, ainsi que l'interview de Karl Lagerfeld accolé à l'article.
Nous sommes révoltées qu'un journal comme le vôtre puisse faire la part belle à ce parti pris machiste, inhumain de la prostitution grâce à une évocation pseudo romantique des courtisanes.Vous, qui par ailleurs, dans ce même journal du même week-end mettez en avant l'histoire des noirs en France! La confusion entre libéralisme et liberté individuelle ne sert que l’ignominie de la traite des êtres humains.
L'égalité des femmes et des hommes et la lutte contre toute forme de discrimination se rejoignent dans un même slogan: Non à toute marchandisation du corps.
 Olga TROSTIANSKY
Présidente de la CLEF
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