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mouvement des femmes Iraniennes

mouvement des femmes Iraniennes

Tuesday, July 17, 2012

Elahe Amani



Allocution de Elahe Amani – le 26 juin 2012
Conseil des droits humains
Vingtième session
Genève, le 18 juin – 06 juillet 2012
Merci de m’avoir invitée à cette réunion d’information sur une CARTOGRAPHIE DE LA LAPIDATION, Mette fin globalement à la lapidation et je suis désolée de ne pouvoir être là en personne.
Cette réunion d’information du Conseil des droits humains des Nations Unies n’aurait pas pu avoir lieu à une date plus pertinente. Aujourd’hui, 26 juin 2012, est la Journée internationale contre la torture. La Convention contre la torture et autre traitement ou  punition cruel, inhumain ou dégradant a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1984 par la résolution 39/46. Cette convention est entrée en application le 26 juin 1987.
Les agences mondiales des droits humains ont tardé longtemps à répondre à l’esprit de traités internationaux de droits humains à prendre position contre la lapidation, une des formes de torture les plus cruelles utilisée pour punir des hommes et des femmes pour adultère et autres relations sexuelles « impropres ». A la lumière de la réapparition contemporaine des interprétations les plus extrêmes du droit de la Charia, les questions de genre et de sexualité et la division binaire de ce qui définit des « relations appropriées » réclament une attention mondiale à cette pratique désuète.
La pratique de la lapidation devraient être supprimée pour deux motifs en fonction des traités et de la convention des droits humains existant.
Premièrement en fonction de la Convention internationale sur les droits civils et politiques (ICCPR) et de la déclaration universelle des droits humains (UDHR), la peine de mort ne devrait être exécutée que dans les cas de crimes les plus odieux. Le consensus dans la majorité de la communauté internationale est que l’adultère n’est pas un crime odieux. L’Article 6(2)  de la Convention internationale sur les droits civils et politiques, la jurisprudence pertinente du Comité des droits humains et les Sauvegardes de 1984 garantissant les droits de ceux qui font face à la peine de mort, spécifient chacun que / la peine capitale ne peut être imposée que pour les crimes les plus graves ».
La lapidation a été reconnue comme une forme de torture dans différents traités de droits humains et de nombreuses agences des Nations Unies l’ont confirmé. Des rapports séparés de comités représentant la Convention des droits de l’enfants, la Convention contre la Torture et autre traitement ou  punition cruel, inhumain ou dégradant ; la Convention internationale sur les droits civils et politiques, ainsi que les rapporteurs spéciaux sur la violence contre les femmes, des exécutions extrajudiciaire, sommaires ou arbitraires, et liberté de religion ou de croyance et l’Assemblée générale des Nations Unies, ont tous reconnu la lapidation comme une forme de torture et/ou une punition cruelle, inhumaine ou dégradante.  
Alors que globalement la pratique de la lapidation est appliquée à la fois aux hommes et aux femmes, dans le contexte de l’inégalité de genre et des lois discriminatoires contre les femmes, la lapidation est souvent identifiée comme une forme de punition de relations sexuelles « impropres » chez les femmes. En 2006, 11 personnes ont été condamnées à mort par lapidation en Iran. De ces onze personnes condamnées à mort par lapidation, neuf étaient des femmes. 
La Convention des Nations Unies contre la torture définit la torture comme « tout acte causant des douleurs ou des souffrances graves, qu’elles soient physiques ou mentales, infligé intentionnellement à une personne dans des buts qui incluent une punition pour un crime réel oususpecté par  une personne agissant dans une fonction officielle. » La lapidation correspond sûrement à cette définition, comme un processus lent, douloureux dans lequel la victime meurt finalement par l’impact de blessures brutales et par la perte de sang.
La référence  à une « personne agissant dans une fonction officielle » n’implique pas nécessairement des fonctionnaires de l’état. On peut présenter un argument que « la fonction officielle »
pourrait refléter la décision et l’action d’un individu ou de groupes en position de pouvoir qui agissent comme des auteurs non-étatiques. Ces individus et ces groupes condamnent et procèdent à exécution par lapidation en conformité avec le droit de la Charia bien que des méthodes extrajudiciaires. On reconnaîtra le rôle d’acteurs organisés non-étatiques comme des milices etc. qui sont souvent stimulées et soutenues par l’état pour exécuter des sentences de manière informelle. L’idée derrière cette stratégie est de créer un environnement de peur, de menace et d’humiliation pour une méconduite sexuelle visant à libérer l’état de sa responsabilité. Egalement, d’autres que des acteurs organisés non-étatiques, dans des communautés isolées dans le monde, des hommes qui sont en position de pouvoir agissent indépendamment de l’état, exerçant leur pouvoir pour exécuter l’acte inhumain de lapidation.
Saeedeh a été lapidée à 14 ans par son père à Zahidan, Iran en 2008.
La lapidation ne reçoit pas l’attention globale qu’elle mérite avec « l’argument » que la pratique n’est pas aussi répandue que l’excision et les crimes d’honneur. Quelque soit le nombre de cas de lapidation dans les 14 pays où la pratique existe encore, un seul cas de lapidation est déjà de trop. Nous, la communauté globale des droits humains, les défenseurs de droits humains des femmes, la militante du genre appelons l’Assemblée générale des Nations Unies à adopter la résolution qui interdit la lapidation. Nous encourageons tous les états à adopter et mettre en œuvre la législation qui interdit cette punition cruelle et de prendre toutes les mesures législatives, politiques et opérationnelles nécessaires pour mettre fin à la lapidation.
Cette année, le 8 mars 2012, à la conclusion de la 56e session, la Commission du statut des femmes du Conseil économique et social des Nations Unies a marqué son accord de présenter la question des mutilations génitales féminines pendant la 67e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 18 septembre 2012.
Les « crimes d’honneur », « l’excision » et la lapidation sont souvent décrits comme une « tradition » et une facette qui ne change pas de la « culture ». Alors que toutes ces pratiques inhumaines et cruelles qui violent les droits humains des femmes à la vie, l’intégrité et la dignité ont une dimension culturelle et sont aussi façonnées par des facteurs sociaux, des résolutions de l’ONU, des politiques gouvernementales et des discours institutionnels peuvent fournir un environnement encourageant pour éradiquer des pratiques aussi inhumaines et cruelles.
Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies interdisant la lapidation comme une des formes les plus cruelles de peine de mort et une forme de torture sera un moment pivot dans la lutte pour mettre fin à cette pratique.   

Monday, July 02, 2012

La Marche Mondiale des Femmes fait partie du réseau "Abolition 2012"

  COMMUNIQUÉ DE PRESSE Planning Familial
                                              28 juin 2012

        Oui, on peut être féministe et contre la pénalisation des clients
!

Le discours abolitionniste qui prévaut aujourd’hui, largement repris
dans la presse, ne signifie plus l’abolition de la réglementation de la
prostitution mais la suppression pure et simple de la prostitution.
Or ce discours hautement symbolique n’apporte aucune réponse ni aux
causes du système prostitueur ni aux personnes en situation de
prostitution. Au contraire, et l’on ne peut purement et simplement
décréter du jour au lendemain la fin de la prostitution !
La prostitution se développe aujourd’hui du fait des conditions
d’injustices économiques croissantes, notamment l’écart croissant entre
riches et pauvres, et de l’impact désastreux sur les conditions de vie
des femmes, toujours en première ligne. La prostitution est l’un des
aspects de cette injustice économique sur la forme exaspérée du terreau
des rapports de domination du masculin sur le féminin.
Les politiques successives mises en place pour enrayer les systèmes
d’exploitation sexuelle ne protègent pas les victimes voire les
fragilisent un peu plus : très peu de condamnations de proxénètes,
surexposition des personnes prostituées... Et si les femmes sont
incitées à dénoncer leur proxénète, elles ne bénéficient pas des
protections et des droits promis en échange.
La répression par le délit de racolage passif, rétabli dans le cadre de
la loi de sécurité intérieure de 2003 a fait la preuve de ses effets
délétères sur les conditions de vie des personnes qu’elle est censée
protéger. Leur relégation loin des centres villes, leur exposition plus
grande aux violences, l’augmentation des risques de contracter des
maladies infectieuses faute d’accès aux associations et aux outils de
prévention ne met absolument pas en péril les réseaux de proxénétisme.
La pénalisation des clients procède de cette même illusion. Comment
peut-on imaginer régler par la répression des situations qui relèvent
des conditions économiques et des rapports sociaux de sexe ? Tout au
plus, parvient-on à invisibiliser le phénomène ou à le déplacer
géographiquement.
Le Planning Familial, en tant que mouvement féministe, replace la
prostitution dans ce continuum de la domination masculine et à ce titre,
lutte contre les violences de genre. Les alternatives qu’il propose
visent, dans toute la société, à prendre en compte les rapports de
domination, à lutter contre les inégalités femmes/hommes et à développer
l’éducation sexualisée pour construire d’autres représentations du
masculin et du féminin.
Fidèle à son engagement de mouvement d’éducation populaire, il agit pour
que la parole des personnes concernées soit prise en compte pour, avec
elles, refuser la discrimination subie dans l’application des lois sur
les violences sexuelles, d’agression, de voies de fait et de harcèlement.
L’Etat doit sortir de la posture répressive qui est la sienne depuis
trop longtemps pour jouer son rôle de protecteur en garantissant aux
personnes en situation de prostitution, les droits sociaux communs à
tous, en mettant en place des aides réelles pour celles qui veulent se
sortir du système prostitutionnel. A ce jour, c’est loin d’être le cas !
Pour Le Planning Familial, cela n’épuise évidemment pas le travail
global à mener contre ce système d’exploitation des êtres humains qu’est
la prostitution pour peu que l’on sorte de l’opposition sclérosante
entre abolitionnisme et réglementarisme, dans une impasse moralisante.
Tout au moins ouvrons ce débat en inscrivant, comme le suggère le
sociologue Lilian Mathieu, la prostitution en tant que question sociale
et économique.

Sunday, July 01, 2012

Une loi sur le viol suscite la colère en Jordanie



> par Agence France-Presse, vendredi 29 juin 2012, 11:27 ·
>    AMMAN
>    par Moussa Hattar 
>  
>    Le calvaire enduré par une jeune fille de 14 ans, enlevée puis violée trois 
> jours de suite, a suscité la colère en Jordanie, tout particulièrement lorsque 
> son violeur a décidé de l'épouser pour échapper à la prison comme la loi le 
> permet.
>  
>    Dans ce royaume conservateur, déjà connu pour ses crimes dits "d'honneur", 
> les violeurs peuvent en effet éviter d'aller derrière les barreaux s'ils 
> acceptent d'épouser leur victime, en vertu de l'article 308 du code pénal.
>  
>    En avril, une fille dont l'identité n'a pas été révélée faisait des courses 
> à Zarqa, dans le nord du pays, lorsqu'un homme de 19 ans l'a kidnappée, 
> conduite dans le désert, puis l'a violée pendant trois jours de suite, selon 
> des sources judiciaires.
>    La police a découvert l'adolescente lors d'une patrouille, l'a ramenée chez 
> elle et a arrêté l'homme. Mais quelques jours plus tard, le violeur a décidé 
> de se marier avec elle, mettant ainsi fin aux poursuites.
>    En juin, un autre homme est parvenu à attirer une adolescente de 15 ans 
> dans un appartement d'Amman où il l'a violée. Selon des sources judiciaires, 
> il tente aujourd'hui d'arracher à sa famille un mariage, là encore pour éviter 
> la prison.
>  
>    "Cet article (...) ne permet pas seulement aux assaillants de repartir 
> libres, il les récompense en leur permettant d'épouser leur victime qui, elle, 
> est punie", dénonce Nadia Shamrukh, qui dirige l'Union des femmes 
> jordaniennes.
>    "Avec l'application de cette loi, un autre crime est commis. Comment cette 
> fille de 14 ans, en tout état de cause mineure, peut-elle épouser son 
> violeur?", lance-t-elle.
>  
>    Le viol d'une personne âgée de moins de 15 ans est sanctionné par la peine 
> de mort en Jordanie, où 379 affaires de viols ont été recensées en 2010 selon 
> des documents judiciaires.
>    La loi islamique autorise d'épouser jusqu'à quatre femmes. L'âge minimum 
> requis pour se marier en Jordanie est de 18 ans mais le mariage peut être 
> autorisé dès 15 ans sur décision d'un juge.
>  
>    "Dans l'un de ces cas, nous avons essayé d'empêcher le mariage d'un violeur 
> avec une fille de 18 ans qui ne voulait pas être sa femme", a indiqué Eva Abou 
> Halaweh, une avocate.
>    "Mais le père de la fille a conclu un accord avec le violeur, un chômeur 
> déjà marié, père de six enfants qui ne pouvait déjà pas pourvoir aux besoins 
> de sa famille", ajoute-t-elle.
>    Mais pour Israa Tawalbeh, le premier médecin légiste femme du pays, 
> "l'article 308 n'est pas mauvais en soi".
>  
>    "Le problème, c'est la façon dont certains groupes des droits de l'Homme 
> locaux et internationaux interprètent la loi", dit-elle à l'AFP.
>    "Les véritables cas de viol sont rares dans notre société. Parfois, les 
> filles de moins de 18 ans perdent leur virginité pour forcer leur famille à 
> accepter le mariage avec leur petit ami. Or, la loi qualifie cela de viol".
>    Parfois, "accepter le mariage sous l'article 308 vaut mieux que de laisser 
> des filles se faire tuer" par leurs proches, estime-t-elle. "Je crois que la 
> loi correspond à la réalité de notre société".
>  
>    En Jordanie, entre 15 à 20 femmes sont tuées par chaque année par des 
> membres de leur famille qui invoquent des raisons d'"honneur" de la famille 
> après des relations sexuelles avant ou hors mariage, selon les autorités.
>    Le meurtre est sanctionné par la peine de mort, mais dans les crimes dits 
> d'"honneur", les tribunaux font souvent preuve de clémence.
>  
>    Mais pour Hani Jahshan, un médecin travaillant pour le Service de la 
> protection de la famille, l'article 308 est "une violation flagrante des 
> droits des femmes et des enfants".
>    Pour lui, la société fait fausse route quand elle croit que la virginité de 
> la fille doit être préservée, à tout prix, jusqu'au mariage. "Cela force les 
> filles à épouser leur violeur pour protéger leur réputation et éviter les 
> problèmes sociaux", dit-il.
>    "Je pense que l'article 308 devrait être amendé pour rendre justice aux 
> victimes", estime Nadia Hachem Aloul, la ministre d'Etat aux Droits des 
> femmes.