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mouvement des femmes Iraniennes

mouvement des femmes Iraniennes

Thursday, April 25, 2013

Déclaration



 Tunis, le 18 avril 2013
Déclaration
Contre les violences faites aux femmes
et pour la pluralité de leur expression
Nous femmes tunisiennes, restons debout !

-         Face à la recrudescence des atteintes et violations multiples des droits des femmes et des petites filles constatées ces derniers mois ;
-       Face à l’accentuation de la précarité, du chômage et de la violence en milieu rural et ouvrier ;
-       Face aux campagnes de dénigrement et des agressions contre les artistes, les journalistes, les militantes et plus généralement les femmes actives dans l’espace public ;
-       Face à la mise en œuvre de politique ségrégationniste remettant en cause la mixité dans les établissements scolaires ;
-       Face au pullulement des jardins d’enfants échappant à tout contrôle institutionnel et pédagogique allant jusqu’à autoriser le niqab des enseignantes et le hijab des petites filles ;
-       Face à la multiplication des descentes dans les internats et les foyers des jeunes lycéennes et étudiantes ;
-       Face au harcèlement des femmes, les intimidations et les provocations dans les moyens de transports et plus généralement dans tous les espaces publics ;
-       Face aux appels aux mariages des mineures et à la reconnaissance du mariage « orfi » (coutumier) ;
-       Face à la remise en cause du droit à l’avortement et toutes sortes de menaces d’abus sexuels.
Nous militantes de l’ATFD, ébranlées par la vague de viols de femmes ayant atteint des enfants en bas âge impliquant parfois ceux-là même qui sont censés protéger les citoyennes et les citoyens (trois affaires dont deux impliquant des policiers et la dernière en date, des intervenant-e-s dans un jardin d’enfants sont suivies par notre centre), nous nous indignons contre toutes ces formes de violence et nous exprimons notre solidarité avec toutes les victimes.
Nous considérons que ces violences, surtout sexuelles, émanent d’un système patriarcal, ici comme ailleurs, stigmatisant le corps des femmes en se l’appropriant et en le contrôlant et imprégnant toutes les institutions par ses représentations (police, justice, médicales, etc.)  
Fidèles à nos principes et constamment engagées dans la lutte contre les violences et les discriminations à l’égard des femmes, nous continuons à mener nos campagnes contre les violences sexuelles en application de notre attachement à l’universalité et l’indivisibilité des droits humains des femmes.
Convaincues que l’égalité entre hommes et femmes ne peut se réaliser sans démocratie et sans justice sociale. Convaincues que la reconnaissance de la pleine citoyenneté des femmes, leur participation au développement, la garantie de leurs droits économiques et sociaux et le respect de leur intégrité physique, sont les conditions incontournables d’une société juste, égalitaire et démocratique.
Nous tenons à rappeler à l’opinion publique nationale et internationale notre contribution à l’avancée des acquis des femmes tunisiennes notamment en matière de violences longuement tues : l’adoption d’une stratégie nationale contre les violences - restée inappliquée - l’incrimination du harcèlement sexuel, les droits des mères divorcées sur leurs enfants, l’attribution de la nationalité de la mère à ses enfants, etc.)
Nous rappelons aussi l’implication et la participation massive des femmes tunisiennes et des militantes de notre association en tant que parties prenantes dans le processus révolutionnaire avec l’espoir que la transition démocratique devait renforcer leurs acquis et ouvrir la voie à un débat libre et pluriel sur les questions liées à leurs conditions et à leurs statuts.
Les Tunisiennes, dans toutes les régions, dans les espaces privés comme publics, continuent à se mobiliser et à être vigilantes et se dressent, solidaires, et au-delà de leurs différences contre toutes les tentatives d’imposer un système de représentation sexiste qui n’épargne aucune femme.
Contre toute attente, le contexte actuel, au lieu de favoriser la liberté de chaque individu - hommes et femmes - et au lieu de permettre le vivre ensemble a reconduit et répandu, dans toutes leurs formes,  les violences à l’égard des femmes : politique, culturelle, religieuse, sociale et économique.
Ces violations viennent de cercles et de milieux divers : des prédicateurs s’érigeant en détenteurs de la Vérité religieuse, des imams dans les mosquées discourant dans l’impunité totale, des médias, de porte parole de partis politiques, de policiers, de milices et même de simples citoyens qui donnent libre cours à leur machisme enfin « libéré».
«Phase de transition démocratique», « crise économique », «relâchement sécuritaire», « liberté d’expression nouvellement reconquise » « légitimité et/ou majorité électorale »… toutes ces réponses véhiculent des justifications et presque une « légitimation » des violences exercées sur les femmes et visent à les exclure si ces dernières ne répondent pas à la représentation patriarcale de leur corps dans l’espace public.
Au niveau institutionnel, ces réponses reflètent un désengagement terrifiant de l’Etat et particulièrement des départements des ministères les plus concernés : ministère de la Femme , de l’Intérieur, de l’éducation, de la jeunesse et des sports…, face aux violations citées plus haut.
À l’ANC, la bataille de la constitutionnalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes est encore à l’ordre du jour. Après l’abandon de la proposition du concept de « complémentarité », les débats à l’ANC se focalisent sur l’opposition par les député-e-s de la majorité à la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et à certaines mesures concernant les droits des enfants. Par cette attitude, la majorité s’évertue à vouloir consacrer le statut inégal des femmes et une approche patriarcale des rapports dans la famille et dans la société.
Les interventions du président de la république, loin d’être rassurantes, alimentent elles-mêmes la catégorisation des femmes en fonction de leur corps et de leur tenue vestimentaire et banalisent les dangers et les menaces auxquelles elles font face quotidiennement.
Dans ce contexte, les réactions des partis politiques concernant la revendication égalitaire et la dénonciation de la violence, bien que mieux prise en charge par plusieurs partis démocratiques, pêchent par l’absence de la question pour certains, le flou pour d’autres et les positions sont souvent tributaires de calculs politiques contraires au respect des droits humains des femmes mais aussi compromettant fondamentalement la réalisation des objectifs de la révolution « Liberté, Egalité, Justice et Dignité pour tous, hommes et femmes ».
De leur côté, les composantes de la société civile, pourtant fortement impliquées dans la lutte contre les violences, se doivent d’accorder aux violences visant les femmes et les petites filles une attention soutenue et réfléchir à des stratégies intégrant dans leurs projets les violences spécifiques qui ciblent les femmes.
En général, les réponses des uns et des autres et en particulier des courants de l’islam politique ont très souvent invoqué des arguments de « spécificités culturelles », de morale religieuse ; elles se sont appuyées sur un discours culpabilisant, le tout au détriment du droit positif national et international et ce pour banaliser la violence ou, pire encore, la justifier et l’alimenter.
Notre association qui a elle-même fait l’objet d’acharnement et de dénigrement a continué à accompagner les femmes conformément à ses principes et à son éthique dans le respect total de l’anonymat et du libre choix des femmes. Le vécu de ces femmes et les atteintes répétées contre leurs droits ainsi que les échanges d’expériences avec les associations partenaires ont renforcé notre conviction que le patriarcat dans son acception religieuse, culturelle, économique et sociale fonde son pouvoir sur l’appropriation et le contrôle des corps des femmes.
Cet acharnement et cette fixation sur le corps des femmes ont renforcé notre mobilisation et notre solidarité avec toutes les femmes quelles que soient leurs modalités d’expression et d’action. Ces formes d’expression qui prennent aujourd’hui, des formes multiples et nouvelles échappant au « politiquement et moralement correct », nous les analysons sans parti pris et sans jugement moralisateur. Nous les inscrivons dans le contexte décrit plus haut comme des cris de révolte face aux tentatives de contrôle des femmes et de leurs corps et face à la recrudescence des violences et des cabales haineuses et déchaînées en particulier sur les réseaux sociaux et dans les discours conservateurs et misogynes. Rappelons les réactions de l’ex-ministre de l’éducation nationale face à une danse des lycén-ne-s le phénomène « Harlem shake». La modalité d’action choisie par la jeune Amina ne doit, en aucun cas, justifier les menaces dont elle fait l’objet qui sont allées jusqu’à l’appel au meurtre. Nous demeurons, à l’ATFD, attachées à lui apporter soutien, à lui témoigner notre solidarité en tant que femme victime de violence en respectant le choix de son acte même si sa démarche n’est pas celle de toutes les féministes et de toutes les ONG.
Nous refusons toutes les tentatives d’instrumentalisation de la religion ou d’une pseudo morale pour justifier les atteintes à la dignité des femmes, à leur intégrité physique, morale et psychologique.
Nous appelons les autorités à prendre leur responsabilité pour garantir les libertés et protéger les femmes contre toutes les formes de violences et de menaces.
La pluralité de l’expression et sa liberté sont des acquis de notre révolution auxquels nous ne sommes pas prêtes à renoncer. 
Pour l’ATFD
La Présidente
Ahlem Belhadj


Thursday, April 11, 2013

Education : Religions, Intégrismes UNESCO (23 mars, 1999)




Diaouida Jazaerli,
Avocate au Barreau d’Alger

Il m’a été demandé de parler uniquement de ma proper religion, mais je viens d’entendre un long discours sur le dialogue inter-religieux.  [Jan de Volder, Représentant du Président de Sant-Egidio de Rome] Je vous avoue que je suis très tentée de répondre mais je vous parlerai aussi de l’Islam bien sûr.
D’abord je refuse totalement l’explication de l’intégrisme par la misère. Je suis d’origine algérienne et je ne crois pas que l’Algérie, par exemple, était un pays particulièrement malheureux sur le plan économique, et pourtant ce phénomène dramatique y explose.
Je pense aussi au Biafra dans les années 1970, et cela n’a pas provoqué l’intégrisme. Je souhaiterais donc que nous allions aujourd’hui vers d’autres explications de l’intégrisme.
Sur le dialogue inter-religieux, il y a beaucoup de choses à dire. Je co-préside une association de dialogue islamo-chrétien. Je n’ai pas personnellement envie qu’il y ait une sorte d’union sacrée des religions.
Je passé mon temps à dialoguer avec des amis chrétiens, et je crois que si nous avons une leçon à donner, c’est par l’exemple. Pour le reste, nous avons chacun notre Livre sacré et ces Livres sont à la disposition de tout être humain. Pour moi, le dialogue inter-religieux, dans le contexte actuel, devrait être élargi au dialogue occident/monde arabe, ou occident/orient, car aujourd’hui mon problème est celui-là ; je suis très contente de rencontrer le Grand Rabbin Sirat, parce qu’il m’a connue dans les années 1980 comme collaboratrice du Recteur de la Mosquée de Paris, qui m’a formée à la religion musulmane.
J’ai envie de vous recommander un livre sur le dialogue qui s’appelle “L’Islam et l’Occident”, qui retrace le dialogue inter-religieux jusqu’au XII siècle. Le Grand Rabbin Sirat connaît cela. A cette époque-là il y a eu une lettre du Pape qui a appelé les Musulmans à des échanges. De meme, dns les cours des Califes, il y avait des débats religieux. Ce n’est pas aujourd’hui que nous avons découvert le dialogue et la tolerance, mot auquel je reviendrai d’ailleurs. Nous pourrions parler longuement de dialogue, car pour moi il doit être respectueux de l’autre et supposer des connaissances de l’autre. Je refuse le dialogue-mépris.
Je vais maintenant vous parler de l’Islam. J’ai dû répondre plusieurs fois et publiquement que les filles voilées n’avaient pas le monopole de Dieu ni celui de la pudeur, puisqu’il paraît que ce serait une question de pudeur. Pour moi la relation avec Dieu est personnelle, individuelle, du moins dans ma religion. Dieu ne nous a pas donné un clergé comme s’il craignait ce qui pourrait être fait en son nom. Je n’ai donc pas de clergé : j’ai un Livre et j’ai Dieu, et je fais avec. C’est ma réponse à ceux qui me disent que le voile est une obligation. Il est vrai qu’il s’agit d’une prescription coranique, mais encore faut-il lire tout le Coran, car il y a d’autres versets et, en particulier, celui qui dit : « Dieu n’impose à l’âme que ce qu’elle peut supporter ». Forte de cela, je suis une musulmane sereine et tranquille, et je n’ai pas du tout le sentiment d’enfreindre.
Quant à la manière de vivre aujourd’hui l’Islam, je voudrais citer une parole d’une épouse du Prophète, Aicha. Après la mort du Prophète, elle est devenue professeure d’Islam. Elle a dit « Ne parlez pas beaucoup ; espacez vos prêches et soyez brefs ». J’en ai déduit l’explication suivante : elle voulait que les religieux n’aient pas le monopole de la parole humaine de la Parole religieuse, et je suis d’accord avec cela. Oui, nous devons l’entendre de temps en temps, mail il y a aussi l’autre Parole. Il est très important de rappeler cela, parce qu’aujourd’hui on entend des descriptions effarantes de l’Islam.
Je voudrais rappeler aussi quelques versets du Coran par rapport à la manière de vivre sa foi. Dans le Coran, Dieu dit : « Je voudrais que ma communauté soit celle du juste milieu ». Vous voyez donc, qu’il ne s’agit pas d’extrêmes et, ainsi que je l’ai déjà dit, Dieu n’impose à l’Être que ce qu’il peut supporter. Nous n’avons pas de juge ; le modèle était le Prophète ; lui mort, tous les Musulmans sont égaux devant la Parole et devant Dieu. Dieu est le seul à pouvoir nous juger quand nous serons devant lui. Je voudrais rappeler d’autres versets qui personnellement m’encouragent. S’adressant au Prophète, Dieu lui dit « Je ne t’ai pas envoyé sur eux comme un despote et je ne t’ai pas envoyé comme un juge. Tu es là pour rappeler ». Tout cela a été dit à l’intention du Prophète. Alors, quand j’entends certains Musulmans qui aujourd’hui se font les juges de nos comportements, je pense que s’ils lisaient, davantage, le Coran, ils ne se le permettraient pas. Et il y a deux versets sur la liberté religieuse : l’un, que vous serez étonnés de trouver dans le Coran, et qui dit « Croit qui veut et ne croit pas qui veut », et cet autre verset qui dit « Il n’y a pas de contrainte en religion ». D’ailleurs les croyants savent bien qu’une foi ne doit pas être imposée et que l’on ne peut que s’interroger sur la qualité d’une foi dont le modèle serait déterminé par les hommes.
Quand je suis arrivée à la Mosquée de Paris, j’étais une jeune juriste algérienne musulmane. J’étais un peu effrayée par quelques uns des versets, et le Cheikh Abbas, qui m’a formée à l’Islam, me disait 2 + 2 = 4 ; si ce n’est pas aussi logique que cela, tu rejettes ». Aujourd’hui les Musulmans, et surtout les Musulmanes, s’enferment dans des impasses, ainsi que nous le voyons dans cette question de filles voilées. Elles doivent savoir qu’être Musulmane, c’est être libre devant Dieu et c’est aussi vivre sa foi en tenant compte des contraintes et des contextes géographique et historique. On ne peut pas vivre l’Islam aujourd’hui comme on le vivait autrefois, encore que certaines périodes de l’histoire fassent rêver.
J’étais l’invitée de Canal Plus mardi dernier sur l’affaire du voile. Il y avait aussi un Islamiste, pas un Musulman ordinaire, mais celui qui a défendu les filles voilées exclues dernièrement de leur école à Flers. Je retiendrai un point positif de cette émission. En réponse à une question de la journaliste concernant la propre fille de cet homme, il a répondu « Ma fille ne porte pas de voile ». Ce fut un très bon moment pour moi, car sa plaidoirie habituelle consistait à dire « C’est une exigence coranique et on ne peut pas l’enfreindre ». Or avec l’absolu on ne peut rien faire ; on est enfermé. Mais on ne peut pas défendre la position des filles voilées en disant « Cela n’est pas négociable ; c’est leur religion », tout en permettant à sa propre fille de ne pas porter le voile.
On me demande souvent si je suis pour ou contre le voile. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre. Je suis une croyante. Je sais très bien que c’est une exigence coranique mais je l’oppose à cet autre verset que j’ai déjà cité et qui explique que « Dieu n’impose à l’âme que ce qu’elle peut supporter ».
En fait, dans le monde actuel, les religions doivent faire savoir que l’on peut vivre ensemble. Vivre ensemble et différents, cela signifie aussi respecter quelques obligations communes. Dans l’école publique, laïque et républicaine, ce qui est important pour les filles musulmanes est d’acquérir le savoir. J’ai dû faire appel à un recteur d’université islamique du Qatar, qui a dit « L’Islam ne veut pas faire de ses filles des ignorantes, alors qu’elles enlèvent le voile et qu’elles aillent à l’école ». Il faut alors regretter la position du Conseil d’Etat français. Je demanderai qu’un bilan soit établi sur dix ans d’application de son règlement sur le voile : exclusions, cours par correspondance… Je crois que, majoritairement, ces filles-là auront été exclues du savoir et, par là, en danger. On sait très bien la précarité des femmes aujourd’hui d’une manière générale, mais a fortiori sans une éducation solide.
Par ailleurs le choix pour une femme de travailler est tout à fait permis dans le Coran, contrairement à ce disent certains.
Que puis-je donner comme conseil contre les intégrismes ? S’il y a une règle qui me paraît très importante pour éviter de cautionner l’intégrisme, c’est d’avoir du respect pour l’autre. Quand on respecte l’autre on refuse un discours ou une présentation qui ne soit pas respectable pour soi-même.
Ce qui me paraît également important est évidemment de décoder le langage intégriste.
Cela m’amène à revenir sur le mot tolérance que j’ai mentionné au début. Je suis un peu inquiète par le détournement de certains mots et de certains grands principes : je pense à la démocratie et à la tolérance. Je suis plutôt étonnée de voir qu’aujourd’hui ces grandes valeurs servent des projets intégristes. Je ne peux pas accepter cela. Pour le voile on me dit « Tu n’es pas tolérante ». Et bien, non, je ne suis pas « tolérante » ni « démocratique » lorqu’on détourne le sens de ces mots-là. Il suffit de lire les discours et les plate-formes politiques de ceux qui utilisent ces mots de ces façons-là pour savoir qui ils sont réellement.
A ce propos, j’aimerais vous recommander un livre : « Islam et Liberté, le malentendu historique » de Mohamed Serfi, édité chez Albin Michel. C’est un livre extraordinaire et très éclairant pour des occidentaux, qui peuvent avoir un peu de mal à distinguer entre Islam et Islamisme, par exemple.
Je vais conclure sur le pluralisme. Je fais des conférences dans des collèges et des lycées. J’ai une fille au lycée et j’ai regardé son livre d’histoire de 4ème. J’ai été assez choquée d’y lire que la nation se définissait par l’unicité de relgion. Par ailleurs il y a des aperçus d’autres religions, en particulier l’Islam, où il reste beaucoup à faire.
Mais, au delà de la connaissance des autres religions, dans mes conférences dans des établissements scolaires, je commence par le respect de l’autre, quel qu’il soit, croyant, non croyant, parce que le respect de la personne humaine et le préalable à toute entente. Si ensuite on peut connaître un peu de la religion de l’autre, c’est important, mais j’insisterais davantage sur le respect du pluralisme.

Wednesday, April 10, 2013





 

Commémoration
Mehrangiz DOLATSHAHI


Conférencières :
Vida NASSEHI-BEHNAM
Farangis HABIBI
Jamileh NEDAÏ

 Vendredi 12 avril 2013
Accueil 17h30/ Début 18h00 / Fin 19h45
Adresse : Centre André MALRAUX
112, rue de Rennes
75006 Paris
Métro : Rennes ou Saint Placide









Monday, April 08, 2013

Elahe Amani



La lapidation en Iran UN CSW 57 – Panel de présentation
Elahe Amani, Présidente du Réseau interculturel des femmes – Cercles globaux & membre du Conseil d’administration,
De l’organe consultatif global Mettre fin aux lapidations pour toujours
Pourquoi la lapidation est de la violence contre les femmes
 
Aujourd’hui, 8 mars 2013, nous célébrons la Journée internationale des femmes au milieu de formes de violence variées contre les femmes – attaques de forces régressives contre des femmes par des acteurs étatiques et non-étatiques de l’Inde à l’Iran, de l’Afrique du Sud à l’Egypte. Mais en dépit de cette injustice, plus de 6.000 femmes venues du monde entier se sont rassemblées à New York pour réclamer une action de la part de la communauté globale à la Commission du statut des femmes de l’ONU.
 
Il est stimulant de voir des manifestations massives dans le monde entier, et voir que ces manifestations touchent une audience toujours en augmentation grâce aux médias traditionnels et aux médias sociaux. Il est stimulant que plus que jamais des hommes et des femmes – surtout des gens plus jeunes dans le monde – réclament une fin de toutes les formes de violence contre les femmes. Les actions de ces personnes prouvent que la voix des femmes ne peut plus jamais être déniée dans aucun pays, à aucun moment. Pas de retour en arrière !
 
Il est clair que le monde fonctionne encore toujours sur le chemin de la domination patriarcale. Cependant, cette année marque le 102e anniversaire depuis qu’ont eu lieu les premières manifestations organisées de Journée des femmes et marque le 36e anniversaire depuis que les Nations Unies aient déclaré le 8 mars comme Journée internationale des femmes en 1977.
 
C’est dans cet esprit et avec cette intention que nous nous sommes réunies pour attirer l’attention de la communauté globale sur une des formes les plus barbares de peine de mort. Alors que la peine de mort a été éradiquée dans beaucoup de pays du monde, la forme la plus brutale de peine de mort – la lapidation – est encore toujours pratiquée. La mort par lapidation a été pratiquée depuis l’installation de la IRI (République Islamique d’Iran) dans mon pays de naissance, l’Iran.
 
Alors que 90% des pays du monde n’exécutent plus et que 100 pays l’ont complètement aboli, l’Iran est à la tête du monde pour le nombre d’exécutions par tête d’habitant parmi les nations qui continuent à appliquer la peine de mort  dans leurs juridictions internes. Beaucoup de ces exécutions sont pratiquées en secret et ne sont pas rapportées par les sources officielles. D’après des rapports de groupes des droits humains qui étudient les exécutions en Iran, à partir de sources à la fois officielles et non-officielles, l’Iran est seulement second après la Chine, pour le nombre annuel de condamnations à mort. Depuis 1979, Amnistie International a étudié au moins 77 cas de lapidation dans la République islamique d’Iran, et chiffre est probablement faible à cause du manque d’une documentation convenable entre 1979-1984.
 
Le premier cas de lapidation rapporté a eu lieu peu après la révolution en juillet 1980. Quatre femmes ont été condamnée à mort par lapidation parce qu’elles étaient suspectées d’adultère. Je me souviens, quand j’ai partagé les nouvelles avec ma grande-tante (qu’elle repose en paix), une Musulmane dévote et une femme de foi à Kerman, elle a répondu immédiatement « Ceci n’est pas l’Islam ». Le fait est que la lapidation n’était employée comme forme de peine de mort que par l’IRI.  Alors qu’il y a des informations de formes variées d’abus des droits humains et de discrimination contre les femmes dans l’histoire du 20e siècle de l’Iran, ils n’y a pas d’informations sur la lapidation en Iran antérieures à la lapidation de juillet 1980. Avant cet événement, l’adultère, ni aucun autre crime dans la matière, n’a jamais justifié la lapidation. C’est pourquoi nous disons ici et maintenant que la lapidation ne devrait pas être pratiquée en notre nom ou au nom de notre culture.
 
Ce qui est peut-être le plus déchirant est que le code pénal de l’Iran spécifie le mode d’exécution et le genre de pierres qui doivent être utilisées. L’article 102 déclare que les hommes seront enterrés jusqu’à la taille et les femmes jusqu’à leur poitrine pour l’exécution par lapidation.
L’article 104, avec la référence à la punition pour adultère, déclare que les pierres ne devraient pas être « suffisamment grandes pour tuer la personne en un ou deux jets ; elles ne devraient pas non plus être si petites qu’elles ne puissent pas être définies comme étant des pierres ». Ceci montre clairement que le but de la lapidation est d’infliger le plus de douleur possible conduisant à une mort lente. Comme mentionné, la pratique cruelle de la lapidation a débuté avec les quatre femmes à Kerman et depuis, la majorité de ceux qui ont été condamnés à mort par lapidation ont été des femmes. Les femmes souffrent disproportionnellement d’un tel châtiment.
 
Une des raisons provient de ce qu’elles ne sont pas traitées de manière égale par les lois et les tribunaux, en violation évidente des standards internationaux de procès équitables. Elles sont particulièrement vulnérables de procès inéquitables, parce qu’elles sont probablement, plus que les hommes, illettrées et pour cette raison, signeront des confessions pour des crimes qu’elles n’ont pas commis. La discrimination contre les femmes dans d’autres aspects de leur vie les rend aussi plus susceptibles d’être condamnée pour adultère.
 
En 2002, l’IRI a annoncé un moratoire sur l’exécution par lapidation, et depuis, des autorités ont nié de manière routinière que des condamnations à la lapidation continuaient à être appliquées en Iran. Par exemple, en 2005, le porte-parole de la justice Jamal Karimirad a déclaré , « Dans la République islamique, on ne voit pas de telles punitions être exécutées », ajoutant de plus que si des sentences de lapidation étaient prononcées par des tribunaux inférieurs, elles étaient annulées par des tribunaux supérieurs et que « de tels verdicts n’avaient pas eu lieu. »
 
Malgré cela, des morts par lapidation ont continué à être rapportées. Ja'far Kiani a été lapidé à mort le 5 juillet 2007 dans un village proche de Takestan dans la province de Qazvin. Il avait été inculpé pour avoir commis l’adultère avec Mokarrameh Ebrahimi, avec laquelle il avait deux enfants et qui a aussi été condamnée à mort par lapidation. C’était la première lapidation confirmée officiellement  depuis le moratoire de 2002, bien qu’on sache qu’une femme et un homme ont été lapidés à mort à Mashhad en mai 2006. La lapidation a eu lieu dans ce cas malgré une ordonnance de suspension de l’exécution, et au mépris du mémorandum de 2002.
 
Pour la seconde fois, en 2008, la justice d’Iran a annoncé que la punition par lapidation de condamnés à mort avait été retirée du projet de législation soumis au parlement pour approbation. Le porte-parole de la justice Ali Reza Jamshidi a annoncé que : « Dans la dernière version de la loi sur les codes pénaux islamiques, qui a subi plusieurs modifications, de tels punitions ne sont plus mentionnées ».
 
Bien qu’on ne sache pas avec certitude quand a eu lieu la dernière lapidation en Iran, il existe des rapports que le dernier cas de lapidation d’une femme a été celui de Mahboubeh M le 7 mai 2006, même après la seconde annonce en 2008 d’interdire la pratique de lapidation, on a décrit de multiples cas de lapidations. Dueche velue ( ???) a rapporté la lapidation d’un homme à Rashi en 2009 et un autre cas de lapidation a été rapporté en mai 2009.
 
Le 6 mars 2012, le Rapporteur spécial sur la situation des droits humains en IRI a rapporté à l’assemblée générale des Nations Unies:
 « Un certain nombre de personnes ont été condamnées à mort par lapidation ces dernières années malgré les annonces d’un moratorium sur la lapidation comme forme de punition capitale par la justice. Dans son rapport à ce sujet, Amnistie International a déclaré qu’au moins 15 hommes et femmes sont confrontés actuellement à des condamnations par lapidation pour « adultère bien que mariés ».
Le Rapporteur spécial se joint au Comité des droits humains en exprimant sa préoccupation concernant l’usage de la lapidation comme méthode d’exécution, maintient que l’adultère ne constitue pas un crime sérieux selon les standards internationaux ; et il insiste avec force pour que le gouvernement renforce son moratoire sur la lapidation. Le Rapporteur spécial accueille favorablement le fait que la lapidation ait à présent été omise du nouveau Code pénal et espère que tous les cas existant soient revus pour assurer que de telles sanctions ne soient pas exécutées. »
 
D’après un rapport de Human Rights Watch publié en août 2012, le nouveau code pénal révisé « permet encore aux juges de s’appuyer sur des sources religieuses, y compris la loi de la Charia et les fatwas proclamées par des religieux chiites de haut rang, pour condamner une personne pour apostasie ou de condamner à la lapidation un inculpé d’adultère ». Il existe plusieurs inquiétudes concernant l’affirmation de l’omission de la lapidation du code pénal. Comme le Rapporteur spécial des droits humains et le rapport de Human Rights Watch l’ont exprimé, la lapidation peut encore toujours être proclamée à la discrétion du juge en accord avec la Charia ou des fatwas. 
 
Il est correct aussi qu’en comparaison avec le code pénal précédent, la lapidation a été retirée de la section du code qui traite des châtiments pour adultère. Par ailleurs, le mot « lapidation » apparaît deux fois dans les articles 172 et 198 du nouveau code pénal, bien que les détails sur son application comme la taille appropriée des pierres à utiliser, le fait d’envelopper la personne dans un linceul blanc (kafan) et d’enterrer un homme jusqu’à la taille dans le sol et une femme jusqu’à ses épaules, ne sont plus présents. Mais l’omission du processus d’application est une raison sérieuse d’inquiétude et, de plus, le fait reste que les relations sexuelles hors mariage restent encore un crime.
 
Le cas ostentatoire de Sakineh Mohammadi Ashtiani et d’autres victimes de lapidation ont fait honte au statut des droits humains en Iran.
A la lumière du brouillard politique créé par les Conservateurs islamiques, le climat politique actuel, et de l’histoire passée du gouvernement sur de faux moratoires sur la lapidation, la communauté globale ne devraient pas applaudir trop vite les changements dans le code pénal d’Iran. On doit encore voir si oui ou non le code pénal est vraiment d’application et la pratique de la lapidation vraiment abandonnée. 
 
Comme j’ai participé à la rencontre de la déclaration lors de la 20e session du Conseil des droits humains le 6 juillet 2012 à Genève, « Les crimes d’honneur, le FGM (mutilations génitales) et la lapidation sont souvent décrit comme étant « la tradition » et une facette inchangée de la culture. » Alors que toutes ces pratiques inhumaines et cruelles qui violent les droits des femmes à la vie, l’intégrité et la dignité, ont une dimension culturelle, elles sont aussi façonnées par des facteurs sociaux. Des résolutions de l’ONU, des politiques gouvernementales et un discours institutionnel peuvent aussi fournir un environnement encourageant pour l’éradication de telles pratiques inhumaines et cruelles.
 
Une résolution de la Commission du statut des femmes qui interdise la lapidation – une des formes les plus cruelles de peine de mort et clairement une forme de torture – sera un moment crucial dans la lutte pour mettre fin à cette pratique.
 
Le moment est venu pour agir maintenant, et on revendique une action.
 

بی بی خانم استر آبادی



در سال ۱۳۰۴ قمری، کتابی در تهران منتشر شد به نام «تادیب النسوان» به قلم نویسنده‌ای نا‌شناس که همانگونه که از نامش پیدا بود، ادعای تعلیم و تربیب زنان را داشت
در چنان روزگاری نوشته شدن اثری چون تادیب النسوان که بیش از هر چیز از نگرانی مردان برای به خطر افتادن جایگاه مطلقا فرادستشان نشان داشت، جای تعجب نیست؛ اما آنچه در جواب این اثر نوشته شد بهت‌برانگیز است

معایب‌الرجال

معایب الرجال، کتابی که سال‌ها در کتابخانه مجلس خاک می‌خورد و سرانجام به همت دکتر حسن جوادی و همکارانش در سال ۱۹۹۲/۱۳۷۱ در آمریکا به چاپ رسید‌‌، همان پاسخی بود که در سال ۱۳۱۲ قمری در پاسخ به تادیب النسوان به چاپ رسید
نام نویسنده، بی‌بی‌ فاطمه (معروف به بی‌بی‌ خانم) استرآبادی بود که با زبانی گزنده، رک و طنزآمیز، پاسخ کوبنده‌ای به هرکس که با چنان امر و نهی‌های تحقیرآمیزی در صدد تادیب زنان ایرانی برآید داده بود
این شیوه از‌‌ همان مقدمه و حتی در توضیح انتخاب این نام برای کتاب هم به‌چشم می‌خورد: الحاصل این کمینه خود را قابل تادیب کردن رجال ندانسته لهذا جواب کتاب تادیب‌النسوان را گفته تا معایبشان عیان شود. شاید دست از تادیب کردن نسوان بردارند و در پی تادیب و تربیت خود برآیند

Wednesday, April 03, 2013

Assemblée des mouvements sociaux – Forum social mondial 2013 – Tunisie, 29 mars





Nous, réunies et réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2013 à Tunis affirmons l’apport capital des peuples du Maghreb-Mashrek (du Nord d’Afrique jusq’au Moyen Orient) dans la construction de la civilisation humaine. Nous affirmons que la décolonisation des peuples opprimés reste pour nous, mouvements sociaux du monde entier, un grand défi à relever.

Au sein du processus FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous nous réunissons avec notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination et d’oppression. Nous avons construit une histoire et un travail communs qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à freiner des alliances néo-libérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature.

Ensemble, les peuples de tous les continents mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la domination du capital, cachée derrière des promesses de progrès économique et d’apparente stabilité politique.

Maintenant, nous nous trouvons dans un carrefour où les forces conservatrices et rétrogrades veulent arrêter les processus initiés il y a deux années soulèvement populaire dans la région du Maghreb-Mashrek qui a permis de faire chuter des dictatures et contester le système néolibérale imposé aux peuples. Ces soulèvements si sont étendus à tous les continents du monde en générant de processus d’indignation et d occupation des places publiques. Les peuples du monde entier subissent aujourd’hui l’aggravation d’une crise profonde du capitalisme dans laquelle ses agents (banques, transnationales, conglomérats médiatiques, institutions internationales et tous les gouvernements complices avec le néo-libéralisme) cherchent à accroître leurs bénéfices au prix d’une politique interventionniste et néo-colonialiste.

Guerres, occupations militaires, traités néo-libéraux de libre-échange et “mesures d’austérité” se voient traduits en paquets économiques qui privatisent les biens communes et les services publiques, baissent les salaires, réduisent les droits, augmentent le chômage, augmentent la surcharge des femmes dans le travail de soins et détruisent la nature. Ces politiques affectent lourdement les pays riches du Nord, augmentent les migrations, les déplacements forcés, les délogements, l’endettement et les inégalités sociales comme en Grèce, Chypre, Portugal, Italie, Irlande et dans l´Etat Espagnol. Elles renforcent le conservatisme et le contrôle sur le corps et la vie des femmes. En outre, ils tentent de nous imposer “l’économie verte” comme solution à la crise environnementale et alimentaire, ce qui non seulement aggrave le problème, mais débouche sur la marchandisation, la privatisation et la financiarisation de la vie et de la nature.

Nous dénonçons l´intensification de la répression aux peuples rebelles, l´assassinat des leaderships des mouvements sociaux, la criminalisation de nos luttes et de nos propositions.

Nous affirmons que les peuples ne doivent pas payer pour cette crise et qu’il n’y a pas d’issue possible au sein du système capitaliste. Ici, à Tunis, nous réaffirmons notre engagement avec la construction d’ une stratégie commune de lutte contre le capitalisme. C’est pour ça qui, nous, les mouvements sociaux luttons: 

*Contre les transnationales et le système financier (FMI, BM et OMC), principaux agents du système capitaliste, qui privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les semences, les ressources minérales, promeuvent les guerres et les violations du droit humain. Les transnationales reproduisent des pratiques extractivistes nuisibles à la vie, accaparent nos terres et développent des semences et aliments transgéniques qui privent les peuples de leur droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité. 
Nous luttons pour l´annulation de la dette illégitime et odieuse qui est aujourd´hui un instrument global de domination, de répression et d´asphyxie économique et financière des peuples. Nous refusons les accords de libre-échange que nous imposent les États et les transnationales et nous affirmons qu’il est possible de construire une mondialisation d’un autre type, par les peuples et pour les peuples, fondée sur la solidarité et sur la liberté de circulation pour tous les êtres humains.

*Pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire parce que nous savons que le réchauffement global est un résultat du système capitaliste de production, distribution et consommation. Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements qui sont à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons l´ « économie vert », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés, la géo-ingénierie et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD (Réduction des Émissions liées à la Déforestation et à la Dégradation ), qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires.

Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne qui est une solution réelle à la crise alimentaire et climatique et signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent. Pour cela, nous appelons à une grande mobilisation pour stopper l’accaparement des terres et soutenir les luttes paysannes locales.
*Contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales. Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur elles quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité n’est pas reconnue. Nous luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons.

Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.

*Pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation de nos territoires. Nous dénonçons le faux discours de défense des droits humains et de combat aux intégrismes, qui souvent sont utilisés pour justifier l´interventions militaires comme au Haiti, Libye, Mali et Syrie. Nous défendons le droit à la souveraineté e à l’auto-détermination des peuples comme dans la Palestine , le Sahara Occidental et le Kurdistan.

Nous denonçons l’installation des bases militaires étrangères pour fomenter des conflits, contrôler et piller les ressources naturelles et promouvoir des dictatures en divers endroits du monde.

Nous luttons pour la liberté de nous organiser dans des syndicats, des mouvements sociaux, des associations et toutes autres formes de résistance pacifique.

Renforçons nos instruments de solidarité entre les peuples comme le boycott, désinvestissement et sanctions contre Israel et la lutte contre l’OTAN et pour l’élimination de toutes les armes nucléaires.

*Pour la démocratisation des médias de masse et la construction de médias alternatifs, qui sont fondamentales pour faire renverser la logique capitaliste.

Inspirés par l’histoire de nos luttes et par la force rénovatrice des peuples dans les rues, l’Assemblée des mouvements sociaux appelle tous et toutes à développer des actions de mobilisation coordonnées au niveau mondial dans une journée global de mobilisation le XXXXX (date à définir).

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour défaire le système capitaliste !

Assez d´exploitation, assez de patriarcat, de racisme et colonialisme!

Tuesday, April 02, 2013

Comité des Femmes Contre la Lapidation: Entre Egalité et Liberté . Geneviève FRAISSE

Comité des Femmes Contre la Lapidation: Entre Egalité et Liberté . Geneviève FRAISSE

Quel est le statut des femmes dans le monde en 2013?*



 

Publication: 30/03/2013 10:12


 La conférence annuelles des Nations Unies (CSW) sur le Statut des Femmes a révélé que la violence envers les femmes n'a pas baissé en dépit de l'accroissement des textes légaux dans le monde. Ce type de violence ne connaît aucune frontière géographique, sociale, ou culturelle.

 Il existe une acceptation sociale et culturelle des violences à l'égard des femmes. Certaines femmes acceptent qu'il puisse y avoir une justification donnée aux violences domestiques. En Ethiopie, au Congo et au Mali plus de 50% des femmes considèrent que ces violences sont justifiées lorsqu'elles, négligent les enfants, ou refusent d'avoir des relations sexuelles avec leurs partenaires (1). Brûler la nourriture peut aussi justifier les violences dans certaines cultures. Ainsi les femmes ne peuvent pas rapporter les violences lorsqu'elles n'ont pas conscience de cette violation de leurs droits humains.

 Les hommes aussi doivent se définir avec des valeurs sociales différentes, pour trouver un espace de liberté où il peuvent envisager leur genre et rôle différemment, avec moins de pouvoir et de contrôle.

 Certains hommes craignent de se démarquer en traitant les femmes différemment. Le respect des femmes n'est pas valorisé dans certaines cultures, vu parfois comme une faiblesse qui peut même isoler les hommes. Toutefois les hommes doivent faire partie de la solution et non pas jouer le rôle du suspect ou de "l'auteur du crime".

 Par ailleurs, les femmes ont tendance à vivre dans la pauvreté par manque d'opportunité économique ou d'illettrisme. Ce qui crée les conditions de la violence envers les femmes. Si l'on garde les filles à la maison et que l'on envoie les garçons à l'école, alors la participation à la vie économique pour les femmes sera limitée dans le futur. Les hommes traditionnellement contrôlent les richesses et ont accès au patrimoine, et aux héritages.

 Le manque d'accès à un système de santé gratuit, accroît l'impact de la pauvreté sur les femmes. En Grèce si vous ne pouvez pas payer pour l'accouchement alors l'hôpital retient votre enfant comme garantie.

 La disparité des revenus révèle que les femmes sont payées jusqu'à 30% (2) de moins que les hommes en Europe avec des variations importantes entre les pays de la communauté (3). La moyenne Européenne est donc de 17,8%.

 Il ne peut y avoir de démocratie sans égalité des représentations dans les parlements. Le chiffre des femmes parlementaires est en hausse grâce aux politiques des quotas, avec 20,3% des sièges occupés par les femmes dans le monde. Ce chiffre était de 19,5% en 2011. La progression la plus forte s'est faite au Sénégal ou 42,7% des parlementaires sont des femmes.

 La violence a un coût au niveau global. En Amérique Centrale cela représente 8% du PIB régional. Les frais de sécurité et de justice se sont accrus de 60% dans cette région qui ne connaît pas de conflits armés, mais bien une circulation des armes liée aux trafics en tout genre. La violence vient des trafics de drogues et humains. 6,45% des femmes dans les prisons du Costa Rica ont été victimisées et manipulées par leurs partenaires ou fils, pour prendre part à ces activités illégales.

 Les données sur les coûts sont incomplètes car elles incluent uniquement les débours. Toutefois, le coût des violences envers les femmes doit inclure la perte de revenu, de productivité, le pretium doloris, parmi d'autres facteurs. On peut chiffrer le coût de la violence envers les femmes en milliards de dollars et d'Euros. Le prix de la violence domestique, forme la plus répandue, représente 16 milliards d'Euros en Europe. Les services générés par ce type de violence se montent a 34 milliards d'Euros dans les pays Européens (4). En Australie le prix de la violence envers les femmes est de 14 milliards de dollars par an ce qui représente 1,1% du PIB.

 Comment peut-on limiter cet impact? La politique d'austérité au niveau fiscal dans la plupart des pays, a forcé à fermer bien des centres (5)de services dédiés aux femmes victimes de violence. Ainsi, le manque de financement ne touche pas uniquement les pays instables politiquement, ou ravagés par les conflits armés.

 Le coût le plus important est celui qui revient aux enfants témoins des violences domestiques. La santé et le développement du cerveau sont affectés par une éducation dans une culture de violence. Un enfant élevé dans la violence la reproduira comme une forme d'expression parmi d'autres facteurs qui banalisent l'utilisation de celle-ci.

 L'impunité et le manque de responsabilité sont des facteurs déterminants. Certaines régions du monde n'offrent aucune protection aux femmes, aucun tribunal ou police ne sont disponibles. Parfois même la population n'a pas confiance en sa propre police parce que les forces de police sont les suspects. La violence contre les femmes est aussi une arme de guerre dans les zones de conflits comme récemment au Mali.

 Trop de femmes sont sujettes aux abus sexuels de leurs gardes, police, et officiers d'immigration en incluant des pays comme les USA et le Canada, où l'on échange un permis de travail ou de résidence contre des faveurs sexuelles. Ces représentants des forces publiques abusent de leur pouvoir pour soutirer des faveurs sexuelles à ces femmes migrantes en situation de faiblesse. Les femmes violées sont après ce premier choc, mises en quarantaine et exposées à la honte sociale. Les poursuites de ces abus de pouvoir sont rares.

 Qu'en est-il des régions en transition politique: est-ce que les révolutions au Moyen-Orient ont accru les droits humains des femmes? Les femmes ont participé aux soulèvement en Egypte et ailleurs. A la fin des révoltes les femmes sont rentrées dans leur foyer.

 Porter le voile est un droit humain. Chaque femme a le droit de choisir sa tenue vestimentaire. Toutefois, lorsque le port du voile n'est pas librement choisi, peut-on alors parler de violence vestimentaire contre les femmes? Cette question est ouverte dans bien des pays.

 Le lien entre la crise économique globale et l'exacerbation des violences envers les femmes est clair. Les politiques d'austérité des dépenses publiques induisent des réductions de budgets. Pourquoi s'accorder sur le fait que ces réductions sont bénéfiques?

 C'est un argument qui est erroné. La création d'emplois peut réduire le ratio des dettes sur le PIB. Seule l'accroissement du PIB peut augmenter les revenus fiscaux. Comme l'a dit Michelle Bachelet, ancien président du Chili et Directeur de ONU Femmes (6):
 "Ce n'est pas une question de ressources mais bien de volonté politique".
 Une approche multi-sectorielle dans chaque pays, est nécessaire en coordonnant les forces de police, les législateurs, les tribunaux, les services sociaux, les chefs des communautés religieuses, et le financement gouvernemental.

 C'est en éliminant l'impunité, en accroissant la prévention et en impliquant chacun, que ces trois piliers de la campagne menée par les Nations Unies pourront amener une amélioration.

 L'accès à la dignité est un besoin humain. Le corps, l'esprit, et l'âme des femmes sont en jeu. Au niveau individuel, les femmes sont traditionnellement les principaux acteurs de l'éducation des enfants. Chaque homme vient au monde, grâce aux soins d'une femme en général. Par conséquent les femmes produisent-elles des agresseurs? Comme Hobbes l'a dit: "L'homme est un loup pour l'homme", en incluant les femmes! Peuvent-elles éduquer une génération d'hommes à mieux les traiter?

 ___________________________________________
 (1) Intergovernmental Support Division: UN-Women www.statcompiler.com
 (2)
 Estonie
 (3)
 "Strategy for equality between women and men 2010-2015" European Commission http://bookshop.europa.eu
 (4)
 Un rapport de 2003 avait établi par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis estime le coût annuel de la violence perpétrée par un intime, uniquement pour les États-Unis à plus de 5,8 milliards de dollars É.-U.: 4,1 milliards pour les services de soins et les services médicaux immédiats, et près de 1,8 milliard de dollars en perte de productivité. La violence contre les femmes appauvrit les individus, les familles et les communautés, et elle diminue le développement économique de chaque pays. Voir www.Unifem.org .
 (5)
 180 Centres fermés en France
 (6)
 UNWOMEN.Org
 

 

Sources
 
-Intergovernmental Support Division: UN-Women
 -"Strategy for equality between women and men 2010-2015" European Commission
 - bookshop.europa.eu
 - Inter-Parlliamentary Union www.ipu.org
 - http://ec.europa.eu/progress
 - www.paho.org/violence
       

 
 Du Québec

 http://quebec.huffingtonpost.ca/sophie-k-pierson/statut-femmes-2013_b_2975562.html?ir=CanadaQuebec
 

Monday, April 01, 2013

Entre Egalité et Liberté . Geneviève FRAISSE




Entre Egalité et Liberté : Geneviève FRAISSE*

 ميان آزادي و برابري

ما بي شك ميان برابري و آزادي قرار داريم . ميان آن برابري كه همواره در جستجوي آن بوده ايم و آزادي كه گويا آنرا به كف آورده ايم ولي شكننده و ضعيف به نظر مي رسد. اينگونه است كه مي توان وضعيت زنان امروز را تعريف كرد : ميان برابري و آزادي .
 اين وضعيت مياني ، جايگاهي ميان زمان و فضا، به تقليل آزادي زنان منجر ميشود . مي دانيم كه در نگاه نخست ، « برابري »   يك مسئله مركزي در انديشه فمينيستي است .
اين مسئله در واقع بيانگر اصلي ايده ها و آمالهاي فمينيستي در نقد تسلّط مردانه و خواست يك تعادل پا يا پاي ميان مردان و زنان است .
 آنچه ما به عنوان آزادي درك ميكنيم ، ازاين مسئله مركزي منجر ميشود. به عبارت ديگرآزادي زنان هميشه و منطقاً پيام آورد برابري جنسي نيست . اما فعلاً از بررسي آزادي دراين جا صرفنظر ميكنيم وبيشتر به مسئله برابري مي پردازيم . دير زماني ست كه از خود مي پرسم چرا مسئله برابري به تنهايي و به طور مستقل در تفكّر فمينيستي عصر ما وجود ندارد . البتّه گويا ، عنوان برابري به طور رسمي در تخالف با عنوان « تفاوت»  قرار دارد. ادعايي كه به نظر من حقّانيت ندارد . چرا كه با اندكي دانش در امر در علم فلسفه در خواهيم يافت كه آنچه باني اين تخالف است نه برابري و تفاوت ، كه هويت و تفاوت است .  به بيان ديگر ميتوان گفت كه ما عين يا متفاوت ، و نه برابر يا متفاوت با يكديگر هستيم .
 ( هگل چاپ 1970)
 ماندن در تقابل ميان هويت و تفاوت نزاعي ست كه مارا به عقب مي برد. در واقع دوبرداشت از عنوان هويت وجود دارد . هويت چون يكساني با خود ، و يكساني با ديگري . اگر هويت به طور كلي يعني همانندي وجودها ، تفاوت عبارت ميشود از آنچه چون ديگري نيست . يعني دويي كه نا يكسانند ، و بهمين شكل اگر هويت به معناي يكساني با خود و يكساني با ديگري باشد ، بنابراين تفاوت حتي به معناي چند گانگي هويت ها در درون يك فرد است .
 اگر هويت به معناي همساني با ديگري و يا يگانگي فرد باشد ، تفاوت ، اشاره به چند گانگي يا چندگانه شدن دارد. بحث فلسفي براي فمينيستها چنين است . اين بحث به طور مشّخص ، چه از سوي زنان و چه از سوي مردان ، به شكل زير عنوان ميشود: ؛ آيا مي بايست زنان را يكسان ( يكي ) با مردان دانست يا متفاوت با آنها. اما طرح مسئله به اين عنوان مارا در مقابل يك انتخاب ، ميگذارد ، پرسش من آن است كه چرا بايد انتخاب كرد؟   در تفاوت هويت ( يكساني ) ميتوان يك پيوستگي ايجاد نمود .
 زنان مي توانند در عين شباهت ، متفاوت با مردان باشند. با اينكه اين جمله مي تواند اندكي ساده انگارانه بنظر برسد ، اما مسئله به اين سادگي ها نيست . درين نظر كه زنان ميتوانند در عين شباهت ، متفاوت با مردان باشند ،  نوعي پيچيدگي نهفته است .   اين جمله معادله اي مي سازد كه امكان يافتن راه حلّي براي آن به سادگي ممكن نيست، چرا كه هم حائز نكات مثبت و هم نكات منفي ست .
اما به اين بحث فلسفي يك بحث سياسي هم اضافه ميشود. به نظر من رابطه موجود ميان دو عنوان تساوي و اختلاف رابطه اي سياسي ست .
. l’égalité s’oppose la différence
 بحث خود را اينگونه بازگو ميكنم :
 « تساوي»    در تخالف با « تفاوت »  است    
چرا كه در واقع تفاوت مولّد نابرابري است .  و بهمين ترتيب برابري ، حدّ اقل به شكل ايده آل ، در مقابل « تفاوت»    و « نابرابري »   که ما حصل آن است ، قرار ميگيرد.
 بنابراين در واقع برابري در مقابل نابرابري ست. و اگر عنوان « تفاوت »  در اين معادله در كنار
 «  نابرابري »   قرار ميگيرد ، تنها دليلش امري سياسي ست .
 چرا كه باز شناسي تفاوتهاي جنسي در دمكراسي يك خطر محسوب ميشود. در واقع وبه طور ناگزير، از تفاوتهاي جنسي ايدهٌ هيرارشي استنباط ميشود. آنچه ضامن برابري ست هويت (يكساني) ست . بدينگونه است كه ، اين تخالف عجيب و غريب ، ميان برابري و تفاوت مشهود ميشود. و اين همان تخالفي ست كه ميان برابري و نابرابري موجود است . اما طرح اين مسئله به اينگونه از اصالت ويژه اي بر خوردار است ، چرا كه در اينجا بحث فمينيستي ، در جوار پرسشي فلسفي ، با بحث سياسي تلاقي ميكند. در واقع دراين تلاقي ، ميان عنوان سياسي«  برابري »   و عنوان هستي شناسانه «  تفاوت »   تخالفي ديده ميشود. بنابراين اگر بتوانيم ازاين تلاقي جلوگيري كنيم ، اگر بتوانيم مانع اين ادغام عناوين شويم ، بحث ما دقيق و خطوط آن روشن ميشود. از يك سو مشكلي فلسفي مطرح است ، واز سوي ديگر ، ناهمآهنگي سياسي .
 اگر بي جهت تلاش نكنيم كه به « تفاوت »   ارزشها و عقايد بي مورد بچسبانيم ، از آن هراس نخواهيم داشت ، در صورت كار بست درست « تفاوت »   در خواهيم يافت كه چگونه ايدهٌ « برابري »  بدون توجه به « تفاوت»  چه كاركرد ويران كننده اي دارد.
parité
مساوات
 در اين بحث اساسي ، پيرامون « برابري»  عنوان ديگري به ميان مي آيد و آن « مساوات » است اصل اسم موصوف پارادوكسالي ست . اين عنوان « مساوات»  به ميمنت وجود «  تفاوت»  ميان انسانها ، وتفاوت ميان دو جنس به دنبال تسخير جهان است . 
مساوات چيست ؟ مساوات عنوان ويژه اي ست كه خود را عين و يكسان مي داند ، به شكلي كه مي خواهد پديد آورندهُ - يك-  باشد ، بدون از ميان بردن - دو -.     بدين ترتيب« مساوات » حافظ واقعي- دو- در
- يك -  است .    - يك -  سمبوليك ، همان قانون است . اينجا ، بايد گفت كه اين مفهوم كمبودهاي اساسي دارد و دچار نوعي بي منطقي ست. تلاش ما بايد درك درست كمبودهاي اساسي آن باشد.
 به تصّور من مفهوم «  تساوي »  درگير يك نوع انديشه ُ افلاطوني در چند شعاع گوناگون است :
 اين مفهوم در واقع دو جنبش گاه غير هماهنگ در دموكراسي مدرن ، يعني حقوق بشر جهان گير از سويي ، و از سوي ديگر ، دوگانگي جنسي كه خاصّ خوش بيني هاي انقلابي از دوران فوريه  و سن سيمون بود ، را بهم مي پيوندد.      ايدهٌ «  تساوي»  اين دو سنّت فكري را بهم متصل ميكند و به اين ترتيب نوعي بنياد تاريخي ويژه براي خود بنا ميكند .
 اما من به بنياد تئوريك و فلسفي ايدهٌ « تساوي » ، عميقاً ترديد دارم . بنابراين پيشنهاد نهايي من از يك سو بر پايهٌ فرمول شباهت\ تفاوت ، و از سوي ديگر بر اساس تركيب برابري /تفاوت استوار است .
اكنون ميتوان به مسائل و مشكلات « سياست تفاوت جنسي »  در حوزهٌ پژوهش به خوبي پي برد .
 پرسش ؟ اگر قرار است بحث فلسفي ، درين باره ، همواره به بحث در حوزهٌ سياسي كشانده شود ، آيا تلاش براي تدقيق مفاهيم ، مي تواند به نتيجهٌ روشني برسد ؟
اين ادغام حوزه ها بي شك به دلايل مثبت و منفي صورت ميگيرد.  دليل مثبت آن هنگامي به چشم مي آيد كه در پي يافتن راه حلّي عملي ، مشخّص و تازه باشيم. يعني راه حلّي سياسي .
 مثلاً در مورد مفهوم «  تساوي »  اين برخورد صادق است . مفهومي كه در برگيرندهٌ برابري و تفاوت با هم است . دليل منفي آن هنگامي به چشم مي آيد كه بخواهيم يك حوزهٌ پژوهش مستقل بنا كرده و در آن موضوعي چون « تفاوتهاي جنسي » را عنوان كنيم .
Genre
دراينجا از بررسي عنوان- نوع-....... چشم مي پوشيم . با علم به اينكه به نظر من اين عنوان در اين ادغام حوزه ها كه به آن اشاره شد، ناگهان نقشي متضاد در امر اجتماعي و بيولوژيك ، ميان زنان ومردان بازي ميكند. اما متاُسّفانه در اينجا فرصت گشايش اين بحث را ندارم . موضوع تفاوت جنسي
Difference des sexes
تحليل روابط اجتماعي جنسي از يك تلاش اپيستمولوژيك علمي فلسفي نشاٌت مي گيرد.
نگارش  تاريخ جنسي -  نگارش تاريخ از زاويهٌ تفاوت جنسي - ، پرسش پيرامون دلايل غيبت يك برخورد فلسفي به مسئلهٌ « تفاوت جنسي »  ، امروز همه ، مسايل عادي ومسلّمي هستند . در عين حال كه ميدانيم هيچ يك ازين فصول مسلّم به تحقّق واقعي خود نرسيده اند . اينها همه حوزه هاي گوناگون فكري هستند كه پژوهش پيرامونشان ، به طور مستمر و در طول 20 سال گذشته ادامه دارد .  اما از اين به بعد ، اين پژوهشها ، طالب روشني بيشتر و نتايج دقيقتري هستند. در واقع ، در امر پژوهش ، درست مانند امر سياست « برابري»  و « تفاوت» با هم تلاقي كرده اند.    واين در واقع به معناي تلاقي سياست و علم است . اين امر مسلّمي ست كه سازماندهي يك حوزهٌ پژوهشي مستقل پيرامون «  تفاوت جنسي»  از يك اراده سياسي نشاٌت مي گيرد.      اين واقعيت نشان مي دهدكه تا چه ميزان مسئله تفاوت جنسي ، از يك سو و تسلّط جنس مرد در اين امر تعيين كننده اند .    اگر اين حوزهٌ پژوهش از سياست نشاٌت مي گيرد تنها به معناي تبعيت علم از سياست است .         چرا كه ما علم فمينيستي نداريم .  يك علم فمينيستي كه مورد قضاوت درست يا نادرست سياست قرار بگيرد . مسئله آن است كه هميشه خطر آن وجود دارد كه انديشه از سياست ناشي شود. نبايد خودرا در مقابل سياست ببازيم . نبايد پيش از پژوهش يا در هنگام آن سياست را فراموش كنيم . بايد سياست را با تمكين به علم توليد نمود . اين كار سخت ترين وپرخطرترين اقدام است و تنها از طريق تكيه بر علم متحقّق مي شود.          بي شك مي توان برابري را با تفاوت جنسي پيوند داد. اما نبايد فراموش كرد ، اين خود تصميمي بسيار سخت و نيز اپيستمولوژيك( فلسفي علمي ) ست .        بنابراين من در اين بحث مدافع يك پژوهش اپيستمولوژيك در امر « تفاوت جنسي»  هستم .     در اين حوزه ،هويت هم چون برابري ، هستي شناسي همچون سياست انديشه مي شود. ( بحث من در سال 1995)           به عبارت ديگر جداكردن برابري از تفاوت طبعاً به نفع هردوي اين عناوين است . برابري از نقطه نظر ضوابط تفكّر سياسي همان معنا را دارد كه تفاوت جنسي از نقطه نظر ضوابط اپيستمولوژيك . بنابراين پيشنهاد من آن است كه به جهت تحكيم و پيوند درست اين دو عنوان به يكديگر، نخست آنها را از همكديگر به خوبي تميز دهيم و جدا كنيم . اين روش مانع ميشود كه برابري ، كه شرط سياست است ، خود تمامي فضاي سياست را تسخيركند. واين دليلي ديگريست براي ضرورت انفصال تفاوت از برابري . ما همواره در مقابل بردگي زنان در قرن نوزدهم ، يا عنوان رهايي را گذاشته ايم ، كه عنواني قضايي ست يا عنوان آزادي را كه عنواني سياسي ست . رهايي چه چيزي را در نظر داشت ؟ برابري حقوق در مقابل قانون . آزادي چه چيزي در نظر داشت ؟ برابري سياسي . آنچه رهايي مفروض مي داشت يكساني افراد ، يعني مردان و زنان ، در فضاي يك جامعهٌ مدني بود . اما آزادي سياسي در پي بازشناسي آزادي هر فرد در جامعه اي بود كه قدرت تحمّل تفاوتها را داشته باشد. بهر حال ، در هر دو صورت ، خاتمهٌ بردگي ( عنواني كه در قرن 19 به كار ميگرفتند،) چيزي جز كسب آزادي نبود؛ آن آزادي كه ماريان سمبل جمهوري آنرا نمايندگي مي كرد. در زوج هويت ( يكساني) /تفاوت ، برابري مي تواند جاي هويت را در مقابل تفاوت بگيرد. در اينجا بايد اشاره كرد كه آزادي احتمالاً در موازات با تفاوت قرار مي گيرد ( و نه در قطب مخالف آن ) . و ( اين اساسي ترين نكتهٌ بحث است .) چرا كه آزادي زنان تنها به توفيق تفاوتشان پديدار شده است . بنابراين شهامت ترسيم فرمول برابري /تفاوت به واقع نشان از يك قوم مداري ست. مدل اين نحوهٌ برخورد ، مدلي اروپايي و مشخّصاً انگليسي ست . جنگهاي امروز، به طور مشخّص ، جنگ در يوگوسلاوي سابق و در الجزاير ، اشاره به آن دارند كه آزادي زنان همواره يكي از مسايل مركزي ست .البتّه كسي ظاهراً به اين مسئله شك نكرده ،اما خصوصاً افشاء تجاوز به زنان در يوگسلاوي يا در الجزاير ، بايد مارا به باز انديشي پايه هاي فكريمان رهنمود كند . اين جنگ ها خاطر نشان ميكنند كه آزادي زنان درست به مانند برابري در دمكراسي هنوز كمال تحقّق نيافته است. مثلاً آيا در گذشته توانستيم به اندازهٌ كافي در بارهٌ خشونت وآزادي انديشه كنيم ؟؟ در شكل امروزي يك مبارزهٌ دو گانه براي زنان قرن بيستم در ميان است : برابري و آزادي . ما دايم از برابري سخن مي گوييم ، با اينحال بزرگترين تحولات قرن بيستم ( در مسئلهٌ زنان ) بر پايهٌ آزادي تحقّقق يافته است . مثلاً : انقلاب قرص ضدّ حاملگي و حقّ به اختيار گرفتن بدن . اگر توجّهي به كنفرانس قاهره كه در سپتامبر 1994 بر گزار شد ،بكنيم ، در مي يابيم كه در بيانات مطرح شدهٌ از سوي كاتوليك ها و از سوي اسلاميون ، تا چه ميزان اختيار زن براي حقّ -آزادِ مادري- تهديدي جدّي به شمار ميرود . مسئله آن است كه هنوز آزادي واقعي زنان وجود ندارد. يعني - به نگاه جامعه مرد گرا - كنترل زنان لازم است .   چرا كه زنان ( از نگاه جامعهٌ مرد گرا) همچنان شي هستند ، و موضوع كنترل را  فراموش نكنيم كه پيش از اين زنان،  موضوع معامله  بودند، و نه سوژهٌ آزادي .    بدين ترتيب عمل تسليما نسرين ، پيش ازآنكه نشان ( تلاش او براي ) برابري باشد ، بيان آزادي او بود.        امروزه بحث در بارهٌ - برابري جنسي -  بايد به بحث پيرامون نياز آزادي زنان پيوند بخورد.    و به نظر مي آيد كه اين مسئله به طور جدّي در دستور كار آتي ما بايد قرار گيرد.   اگر زنان در قرن بيستم به كسب آزادي نايل آيند ، اين مسئله اساساً مورد پسند ديگران قرار نخواهد گرفت .   به اين دليل است كه خشونت جزو  مكانيسم نابرابري قرار دارد . به عبارت دقيقتر بايد گفت كه امروزه زنان روز به روز بيشتر از روز پیش آزادي خودشان را از دست مي دهند . انكار حقّ آزاد مادر شدن ، ضرورت حجاب اسلامي ، عدم آزادي شغلي و خشونت هاي نژادي، همه نشان از تقليل آزادي زنان دارد .و بدين ترتيب در مبرمترين مسايل دموكراتيك ، تغييرات به ضرر آٌزادي زنان به چشم مي خورد. در حال حاضر ، تهديد عليه آزادي به مسئله اي مهمتر از تقليل برابري بدل شده است .  مقصود من فراموشي يكي به نفع ديگري نيست . مقصود من انگشت گذاشتن بر روي مبرمترين مسايل است .   بي شك تقليل برابري وجود دارد و نام آنرا - تبعيض -  گذاشته اند . از سوي ديگر تجاوز به حقوق زنان ، كنترل جسمي و اجتماعي آنان نيز هنوز وجود دارد. و نام آن خشونت است . روشن است كه تبعيض ، انحرافي اساسي از موازين برابري بر اساس يكساني وجودي انسانهاست . ليكن خشونت چيزي نيست مگر تكذيب و نفي ضابطهٌ آزادي، تحت لواي برابري انسانها .  مسئلهُ آزادي در هنگام جنگ ومسئلهٌ برابري در هنگام صلح مطرح ميشود ، اما ميدانيم كه جنگ هاي امروزي ، جنگ جنسي هم هستند . بدين دليل مهم است كه به - جنگ جنسي - هم توجّه بشود.    گرايش عمومي ما برآن است كه اين جنگ را كم اهميت تر از جنگ - سياسي- بدانيم.  زیرا فكر ميكنم گويا دموكراسي به لحاظ سياسي به مسئلهٌ رابطه و نزاع ميان مردان و زنان به قدر كافي پرداخته است .    ازهمين زاويه است كه بيشتر به مفهوم « برابري» اهميت مي دهيم .   با اينحال بايد بدانيم كه امروزه جنگ ها به جهت پيشبرد كارشان از جنگ جنسي استفاده ميكنند . البتّه بديهي ست كه اين مسئله نه به همهٌ جنگ ها كه مربوط به جنگ هاي امروز ميشود . وازين نكته دو نتيجه ميتوان گرفت : يكي آنكه در جنگي كه - جنگ جنسي - نام دارد ، اگر تهديدي عليه آزادي زنان صورت ميگيرد، اين به آن معناست كه جنگ وجود آنها را مورد حمله قرار ميدهد . با اينحال براي زنان ، حمله به تن ، عموماً تجاوز به جنس ( سكس ) آنهاست . به نظر من آزادي زنان همواره به جسم آنها و به تفاوت مسلّم جنسي آنها با مردان مرتبط است .    برابري جنسي به همساني ميان مردان و زنان اشاره دارد.   و آزادي زنان به طور مسلّم اشاره به تفاوت (آنها با مردان ) است  . ما براي برابري مبارزه ميكنيم ؛ و ليكن در واقع جنگ ها قرار است مارا به آزادي هدايت كند.   ما به برابري شهر وندان زن با شهر وندان مرد مي انديشيم ، اما در واقع حملات و تهديدهاي پي در پي به آزادي زنان ،  تاٌكيد براين واقعيت است  كه تفاوت جنسي از ميان نرفته است .   به يك نكته پيشين باز گرديم :در بارهٌ ايدهٌ « تساوي»   بايد گفت كه اين عنوان مدافع صلح ميان زن و مرد است .    مدافع نوعي جمع تفاوتها در يك هويت يگانه است .    اينرا هم بايد به حساب آخرين تلاشهاي زنان در مسير آزادي به طور مشّخص و عمومي گذاشت .    با اين حال تمايل به برابري ،به تنهايي  ، هر چقدر با ارزش ، قادر به تحقّق آزادي زنان نخواهد بود.   آزادي به نظر من ، همچون اشارهٌ مداومي ست به شكنندگي و لغزندگي برابريهاي كسب شده .   من از جنگ و از كشورهاي - جهان سوم - صحبت ميكنم ،با اينحال آزادي در زمان صلح نيز مي تواند و مي بايست كه موضوع بحث قرار گيرد، مثلاً در محدوده هاي اقتصادي.    به عنوان نتيجه گيري تاُكيد ميكنم كه تفاوت جنسي به جهت كرنش به سوي برابري ، ممكن است ، فراموش شود .   اما نبايد فراموش كرد كه مسئله آزادي زنان اساساً تاُكيد بر تفاوت اساسي آنان با مردان است.   به نظر من اشاره به دو متن لازم است. يكي جلد پنجم كتاب - جمهوري افلاطون - چاپ 1993 كه در آنجا به برابري مردان با زنان در محدودهٌ گذر به مقام پاسداري « سيته» انديشه شده و كتاب -  سه پني-  ( سه شاهي) اثر ويرجينيا وولف 1938 كه در آن مسئلهُ اساسي ، اينست كه چطور زنان ميتوانند به جنگ خاتمه دهند.   براي افلاطون انديشه به مسئلهٌ برابري زنان با مردان ، زماني مطرح ميشود كه بخواهد زنان را مسلّح ترسيم كنند . دراين نگاه غلّو آميز ، برابري بيشتر به معناي بر طرف كردن تفاوت جسمي ست و كمتر سياسي .   البتّه افلاطون تفاوتهايي در زمينهٌ قدرت جسمي ميان مردان و زنان را در نظر دارد .  در اينجا شهروند نخست ، پاسدار « سيته » است .  ليكن در جريان انقلاب فرانسه شاهد بوديم كه چطور كلوب زنها را بستند و با صدور يك فرمان قانوني آنها را از شركت در جنگ منع كردند . زن در ارتش تصوير غلّو آميزي از برابري ست .  نگاه ديگر ، نگاه ويرجينيا ولف است كه در اثر خود - سه شاهي -  در پاسخ به يك نامه مينويسد : جنگ را قطع كنيد .  زنان در پي جنگ نيستند ، آنها در پي برابري بنيادين با مردان در حوزهٌ تربيت ، آگاهي و استقلال اقتصادي اند .  اين پاسخ وولف به مردي ست كه از او پرسيده بود ، چگونه ميتوان به جنگ خاتمه داد ؟  تاريخ وولف و تاريخ زنان بهم پيوسته است . تاريخ زنان از تفاوت جنسي مسئله اي تاريخي ساخته است . وير جينيا وولف بيانيهٌ عدالت ، برابري و آزادي را امضا نكرد. او به نويسندگان آن بيانيه ، سومين و آخرين کتاب سه شاهي را فرستاد ، چرا كه هدف وي ، يعني هدف همهُ مردان و زنان يكي بيش نبود : جلوگيري از جنگ . آخرين تصوير برابري ميان زنان و مردان ، تصوير همساني ميان همهٌ بشريت است .ليكن بشريتي كه با تفاوتهايشان پايه گرفته اند .

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ژنويو فرز فيلسوف  ،  در  مركز پژوهشهاي علمي      « در حوزهٌ 
  سياسي  ،   اقتصادي و اجتماعي »   

  پژوهشگر فلسفه  است .   
**Différence  
1997ترجمه عطا هودشتیان- جمیله ندایی