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mouvement des femmes Iraniennes

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Monday, February 03, 2014

Agir. les massacres des femmes kurdes à Paris


Résolution finale du Colloque
« Agir contre les massacres des femmes
pour en finir avec le féminicide »


La Fondation internationale des femmes libres, la Représentation internationale du mouvement des femmes kurdes, Femmes solidaires et l'Association France-solidarité Kurdistan ont co-organisé un colloque, le 7 janvier 2014, intitulé "Agir contre les massacres des femmes pour en finir avec le féminicide" en hommage à trois femmes kurdes, féministes, révolutionnaires, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylamez, sauvagement assassinées le 9 Janvier 2013 dans les locaux du centre d'information du Kurdistan, en plein cœur de Paris. Nous avons eu l'honneur d'accueillir Madame la sénatrice Eliane Assassi, Présidente du Groupe Front de Gauche, marraine de notre colloque.
Ce colloque avait pour objectif d’aborder à la fois la question des violences faites aux femmes ainsi que celle de son stade ultime : le féminicide. Le système néolibéral qui domine actuellement dans la monde et dans lequel sont contraintes de vivre les femmes, encourage les actes de violence car son organisation s’inspire directement du système patriarcal sans prendre en compte les questions de genre. Nous avons donc fait le choix, lors de ce colloque, de présenter des analyses communes mais s’inspirant d’expériences diverses pour définir les nouveaux visages du féminicide et ses nouvelles cibles qui sont principalement les femmes en lutte, les femmes qui résistent. Ces femmes en lutte sont les cibles principales du féminicide. Lors de ce colloque, nous avons fait le point sur les pressions et les menaces physiques ou morales que subissent celles qui défendent les droits de femmes quels que soient les situations et contextes politiques. Nous avons aussi étudié des modèles de sociétés où les femmes militent et s'organisent démocratiquement en parité avec les hommes. Au Kurdistan occidental, par exemple, les femmes sont actuellement à plus de 50% dans les organes décisionnels des instances de gestion autonome du peuple.
En nous appuyant sur la définition du féminicide et sur son aspect historique, nous avons conclu qu’il est impossible de se contenter  d’une terminologie du féminicide ne désignant exclusivement que les meurtres en série de femmes.  Le féminicide est encore à ce jour mal connu des instances juridiques internationales et des mécanismes décisionnels visant à la ratification de lois qui lutteraient efficacement contre toutes formes de violences pouvant provoquer des féminicides.
Pour cela, nous devons révéler les éléments juridiques existants en rappelant toutes les conventions et tous les textes internationaux déjà proposés et ratifiés, tout en réfléchissant à augmenter notre degré d’exigence en matière de normes. Le constat est sans appel : l’existence de  lois à l’échelle nationale est insuffisante et parfois inexistante dans beaucoup de pays du monde.
L’impunité est souvent grave dans les cas de féminicide et, quand des sanctions tombent, elles sont souvent problématiques en matière de droits humains et de démocratie. Il s’agit de châtiments corporels, de peines capitales souvent décidées par les familles des victimes ou par les assemblées de village et exécutées publiquement dans une sauvagerie inouïe. La lapidation en Iran en est l’exemple le plus significatif. Aujourd'hui encore, elle perdure par  la convergence des lois de l'état et des lois religieuses, ajoutées  à une répression politique féroce. Victimes de violences et auteurs de féminicide peuvent être finalement victimes de ses châtiments qui n’ont rien à voir avec la justice et ce sur des bases de morale religieuse. Les violences d’état peuvent également mener à des exécutions sommaires de femmes hors du champ de la justice du fait de leur identité politique et de leur genre, ce qui contribue à une politique de double discrimination.
Lors de cette journée, nous avons commémoré le souvenir de nos amies Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, à l’occasion de la date anniversaire du triple assassinat de Sakine Cansiz, figure historique du Mouvement de Libération du Kurdistan et fondatrice du Mouvement des femmes kurdes, Fidan Dogan, figure emblématique de la diplomatie kurde, Leyla Saylemez, représentant le dynamisme de la jeunesse kurde et particulièrement des jeunes filles. A travers elles, ce sont trois générations de l'histoire de la lutte pour la libération des femmes kurdes que nous célébrons. Elles ont été assassinées dans le but politique d'éradiquer l’espoir d’un système démocratique et la libération des femmes.
Nous, féministes et ONG de défense des droits humains, exigeons encore à ce jour la vérité et la justice pour Sakine, Fidan et Leyla.  Nous appelons toutes les femmes et tous les hommes sensibilisés à la lutte contre les violences faites aux femmes, ainsi que les organisations féministes à faire un appel commun pour la tenue d’une conférence internationale contre le féminicide. Les associations organisatrices lancent un appel pour que le 9 janvier soit reconnu Journée internationale de lutte contre les féminicides !

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