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mouvement des femmes Iraniennes

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Wednesday, June 18, 2014

Remember

Hommage à notre chère et regrettée
                                                           Françoise Durand-Bossu

            Rendre hommage à Françoise Durand-Bossu est un devoir et un honneur, car elle l’aurait déjà mérité de son vivant. « Je suis une militante féministe de gauche ». C’est ainsi qu’elle s’est présentée à moi lorsque je l’avais rencontrée,  il y a au moins 25 ans, dans le séminaire mensuel de « Dialogue de Femmes ».
            Françoise était de tous les combats féministes et politiques. Elle s’est battue à « Choisir » auprès de Gisèle Halimi, est venue régulièrement à presque tous les séminaires de « Dialogue de Femmes » pendant 20 ans, a travaillé pendant longtemps au CNIDFF et a assisté tous les ans au Festival International de Films de Femmes dont elle épluchait le catalogue, allait de salle en salle et nous annonçait, à la fin de la première semaine : « J’ai déjà tout vu ! ». Ses  points de vue sur les films qu’elle visionnait étaient souvent d’une grande subtilité et d’une profonde intelligence. C’est pourquoi je l’avais priée, il y a une dizaine d’années, de se joindre à nous au conseil d’administration du Festival. Elle m’a répondu, avec son beau sourire : « Ah ! Tu me fais plaisir ». Ainsi, pendant plus de dix ans, nous avons profité de sa présence réconfortante et de ses conseils avisés.
            Que dire encore de Françoise sinon qu’elle lisait, réfléchissait, s’occupait et se préoccupait de toutes les causes, pas seulement et essentiellement féministes, mais aussi politiques, nationales et internationales. Que de fois j’ai été surprise par l’acuité et la pertinence de ses analyses politiques. Pourrais-je énumérer ici toutes ses diverses activités ? Certes non. Mais d’autres amies se chargeront, j’espère, de compléter le beau tableau qu’a composé Françoise durant toute sa vie.
            C’est  peu dire qu’elle va nous manquer ! Car, ne plus la voir au Festival, dans les rencontres, les manifestations, les débats et les colloques féministes, c’est déjà une douleur que je ressens et que nous serons très nombreuses à éprouver et à partager.

Ghaïss Jasser : Présidente du Festival International de Films de Femmes de Créteil
pour
Jackie Buet : Fondatrice et Directrice du Festival International de Films de Femmes
Alice Colanis : Fondatrice de Dialogue de Femmes
Danièlle Seignourel : Collègue de Françoise au CNIDFF

Jamileh Nedai : Cinéaste 

Thursday, June 05, 2014

La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes

http://criminocorpus.revues.org/264

« Faire vivre la laïcité », sous la direction d’A. Seksig

Samedi 31 mai 2014
Vient de paraître Faire vivre la laïcité, ouvrage collectif, utile et singulier1. Il rend enfin public deux  des derniers travaux de la mission Laïcité du Haut conseil à l’intégration (HCI) liquidée par  le cabinet de Jean-Marc Ayrault2

La laïcité dans l’enseignement supérieur et dans la société

Le livre contient l’Avis du 28 mars 2013, Expression religieuse et laïcité dans les établissements publics d’enseignement supérieur en France. Ce rapport  fait le point avec précision sur les problèmes rencontrés à l’université et dans les écoles supérieures en matière d’expression religieuse et de laïcité : professeurs empêchés de faire cours au nom de convictions religieuses, récusations d’un examinateur en raison de son sexe, financements et allocations d’un local à des organisations manifestement communautaristes… Tout en cherchant à préserver la tradition libérale de l’Université, le rapport prend acte que la réalité universitaire  d’aujourd’hui n’est plus celle du XIXe siècle et qu’il convient de garantir par la neutralité laïque la liberté et la sérénité indispensables à l’enseignement et à la recherche.
Le second grand texte du volume rassemble les Actes des Conférences organisées en 2012 et 2013 par le HCI. L’ensemble foisonne d’analyses instruites et de discussions concrètes sur l’école mais aussi sur des secteurs de la vie sociale trop longtemps contournés quand on traite de laïcité, comme l’Hôpital, le travail social, la petite enfance et  l’entreprise privée.

Un Manifeste pour réfléchir à des solutions

Ces deux textes sont précédés d’un avant-propos d’Élisabeth Badinter et d’un Manifeste pour faire vivre la laïcité signé des 24 bénévoles qui ont œuvré à la mission Laïcité du HCI. Ce texte militant ne cache rien des difficultés présentes. Il rappelle  que des mouvances religieuses font pression sur la société pour mettre fin à la suprématie du droit civil sur les interprètes des commandements religieux. Il montre également que la laïcité est aujourdhui  prise en tenaille entre la xénophobie identitaire et le communautarisme inclusif qui aggravent chacun à leur façon la fragmentation sociale.

Contre le déni de réalité

Une réunion de présentation de cet ouvrage collectif s’est tenue mardi 27 mai dans l’Amphithéâtre Abbé Grégoire du Conservatoire national des Arts et Métiers (Paris). Autour d’Alain Seksig, cinq des contributeurs du livre ont présenté succinctement leur champ d’intervention. Natalia Baleato, directrice de la crèche Baby-Loup, a expliqué avec sobriété la pugnacité nécessaire pour résister à l’intimidation intégriste. Le Pr Sadek Beloucif (hôpital Avicenne) a rendu compte du travail déjà accompli  pour surmonter à l’aide de la laïcité les difficultés qui apparaissent au quotidien dans des établissements publics où doit aussi être respectée l’autonomie du patient. La sociologue Yolène Dilas-Rocherieux a pointé l’antagonisme  des requêtes communautaristes  et de l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et insisté sur la puissance normative de la laïcité comme code de vie collective. Et Philippe Fanartzis (Paprec) a évoqué le besoin pour de nombreuses entreprises privées de se doter d’une « charte de la laïcité et de la diversité », afin d’anticiper avant que des difficultés ne surviennent.
Élisabeth Badinter a clos les interventions de la tribune sur le déni de la réalité de l’intégrisme religieux. Elle a montré que ce déni opérait comme une censure efficace contraignant  à taire un attachement très majoritaire à l’universalité laïque.
Un échange s’est ensuite engagé avec l’auditoire, qui remplissait l’Amphithéâtre, sur la querelle des accompagnateurs de sorties scolaires, l’interprétation des statistiques des conflits surgissant au quotidien, le besoin d’un « intellectuel collectif » de la laïcité et sur l’apparition à l’école publique de nouvelles tenues religieuses3.

Après le 25 mai 2014

Cette réunion s’est tenue deux jours après le désastre électoral du 25 mai 2014. Elle a confirmé que les politiciens et divers idéologues de « gauche » qui ont abandonné au FN la classe ouvrière et les secteurs les plus précarisés du peuple, ont également déserté la laïcité républicaine, toujours au bénéfice du FN.  
Le combat à mener contre le déni du péril intégriste, contre les intimidations, les confusions et les détournements, n’est cependant pas perdu. Car il s’agit maintenant d’offrir à l’immense majorité des Français, sans religion et de toutes religions,  attachés à l’intégration républicaine, les moyens de se revendiquer de la laïcité, de la faire évoluer en fonction des besoins présents et d’apercevoir ce que nous perdrions  si elle venait à disparaître.
Ainsi, cette réunion appelée par « l’ex-mission Laïcité du HCI » a montré que des forces étaient partout disponibles pour assumer et propager ce bien structurant d’un peuple libre et fraternel qu’est la laïcité. Chacun, malgré les difficultés socio-économiques et à cause d’elles, peut devenir co-auteur responsable de la laïcité républicaine et contribuer ainsi « faire vivre la laïcité ». Voilà pourquoi l’article 15 de la Charte de la laïcité à l’école prévoit que « par leurs réflexions et leurs activités, les élèves contribuent à faire vivre la laïcité au sein de leur établissement ».
  1. Faire vivre la laïcité, sous la direction d’Alain Seksig, Avant-propos d’Élisabeth Badinter, Le Publieur, mai 2014, 310 p., 22 €. []
  2. Le Comité de réflexion et de propositions sur la laïcité  auprès du HCI  a été installé en 2010 par le président du HCI suite à la décision du Président de la République de confier au HCI une mission de suivi des questions liées à l’application du principe de laïcité. Les services du Premier ministre ont mis fin à l’automne  2013 à cette  mission,  peu après une campagne de presse mensongère contre son rapport sur l’enseignement supérieur qui avait mystérieusement « fuité », et peu avant l’interdiction par  le cabinet du Premier ministre de la publication de ce rapport par la Documentation française. Et, pour que la signification politique de cet « avis de décès » de la mission Laïcité du HCI n’échappe à personne, on trouva en décembre 2013 sur le site du Premier ministre un « rapport sur la refondation de la politique d’intégration » d’inspiration communautariste, visant à substituer une politique dite d’ « inclusion » à une politique républicaine d’intégration. La mise en ligne sur le site du Premier ministre de ce rapport signa sans gloire le  second « avis de décès » de la mission Laïcité du HCI. []
  3. Sur cette questions des « abayas », l’auditoire a été renvoyé la contribution de Sophie Mazet : http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?id=6581. []

Hommage à Helma Sanders

http://www.filmsdefemmes.com/sites/default/files/styles/portrait/public/actualite-images/helma-sanders-brahms.jpg?itok=jGEneh71
Lundi 02 Juin - 12h30
Hommage à Helma Sanders Brahms 
Grâce à Helma, grâce à l’intensité et à la force, de son cinéma nous avons accepté de nous engager dans la restitution de nos vies à travers l’Histoire.
Nous avons pris conscience que nous sommes vivantes et responsables. Désormais nous faisons face à notre histoire personnelle et à la grande Histoire collective.
C’est cela le talent particulier d’Helma : celui de savoir solliciter l’individu dans son histoire et dans l’Histoire. Une oeuvre majeure. 
A partir de cette position (évidente dans son film : Allemagne Mère Blafarde qui connut un très grand succès international), que je ressens comme politique et
artistique, Helma Sanders Brahms a rayonné dans le cinéma européen et mondial de manière forte et constante. Elle a sillonné le monde entier avec ses films à travers les plus
prestigieux festivals collectionnant les récompenses Berlin, Venise, Cannes, Tokyo, Créteil…
 
Ma rencontre avec Helma date de 1979 année de naissance de notre festival . Elle avait déjà une oeuvre en plein essor et notre festival débutant a connu grâce à sa venue un succès public et médiatique
immédiat. Nous étions les « filles des ennemis héréditaires » : c’était de cette façon que nous parlions de nos vies. Elle particulièrement, avec les autres réalisatrices allemandes des années 80, a
apporté au cinéma français une nouvelle dimension : celle de la liberté de passer du documentaire à la fiction, du court métrage au long métrage dans un élan créatif en prise directe avec la réalité.
En France, notre Agnès Varda était alors une des seules à avoir tout essayé. 
Helma a tout tenté, y compris le film musical « Clara », son dernier long métrage fiction que nous avons présenté à la cinémathèque française en 2009 et qui met en
scène la vie et l’oeuvre de Clara et Robert Schuman et Johannes Brahms.
Y compris des parcours inattendus comme aux côtés de Pier Paolo Pasolini suivant son travail sur Médée. C’est d’ailleurs lui qui a fortement encouragé Helma à faire du cinéma de fiction.
J’ai revu récemment un de ses premiers films inédit en France, « les Derniers Jours de Gomorrhe (Die letzten Tage von Gomorrha, 1974) ».
Là aussi je suis admirative devant l’invention formelle qui fait de ce film une vraie aventure de politique fiction, mais surtout une création visionnaire organisée comme un film-d’opéra .
Le festival Internationnal de Films de Femmes de Créteil est fier, je suis fière d’avoir pu découvrir assez tôt l’oeuvre d’Helma SANDERS BRAHMS pour qu’elle reste présente dans les esprits et les coeurs de toutes les spectatrices de Sceaux et de Créteil et surtout qu’elle touche les jeunes générations.
 Sa mémoire sera honorée et nous serons vigilantes pour que son oeuvre demeure.
Jackie BUET
29/05/2014

Actualités

Edito #9 de Danielle Bousquet

4 juin 2014
De l’importance des chiffres
Avez-vous des chiffres ? Cette question est très souvent posée par les sceptiques ou les friands de statistiques quand le sujet de l’égalité femmes-hommes émerge. Oui, les chiffres sont essentiels pour rendre visibles les inégalités entre les femmes et les hommes et mieux les cerner. 
Du rapport Blum de 2000[1] au rapport Ponthieux de 2013[2], des progrès importants ont été réalisés dans la production de statistiques publiques et d’analyses quantitatives relatives à la situation respective des femmes et des hommes dans tous les domaines de la vie.. 
Néanmoins, trois enjeux principaux se posent encore aujourd’hui en la matière : 
  1. Nous manquons de chiffres dans des champs encore insuffisamment explorés : parité dans les associations, excision, chiffres relatifs à la pratique de l’IVG, données sexuées croisées avec la CSP, données actualisées sur les mobilités, etc. ;
  2. Nous manquons de chiffres aux échelons locaux par le développement de données territorialisées et notamment en milieu rural.
  3. Nous avons besoin d’accroître la visibilité, l’accessibilité et l’intelligibilité des chiffres, très nombreux, déjà existants.
Le HCEfh contribue aujourd’hui à répondre à ces enjeux, aux côtés des autres acteurs et actrices de l’égalité femmes-hommes – notamment du Service des droits des femmes et de l’égalité (SDFE) du Ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports qui publie annuellement « Les chiffres clés de l’égalité ».
Cette lettre d’information, dédiée à ce maillon essentiel de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes que constituent les chiffres sexués, vise à mettre en lumière deux sources phares présentant de manière synthétique les chiffres de l’égalité :
Relevons ici également la création d’un dossier « Femmes et Hommes » sur le site de l’INSEE .
Enfin, un focus est mis sur les chiffres nouveaux rendus publics en ce printemps en matière d’inégalités femmes-hommes dans les quartiers relevant de la politique de la ville et dans les territoires ruraux fragilisés, publiés dans le cadre de l’étude réalisée par le HCEfh, en collaboration avec l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) et l’INSEE.

Je vous invite à vous saisir de ces outils pour mieux comprendre les inégalités sexuées, sociales et territoriales et mieux les combattre.
 
Danielle Bousquet